Santé Publique France a présenté ce mardi les premières estimations des troubles chez l'enfant liés à la consommation d'alcool pendant la grossesse.

Plus de 3.000 bébés nés entre 2006 et 2013, ont présenté au moins une conséquence liée à la consommation d'alcool par leur mère.
Plus de 3.000 bébés nés entre 2006 et 2013, ont présenté au moins une conséquence liée à la consommation d'alcool par leur mère. © AFP / DIDIER PALLAGES

Ce sont les premiers chiffres sur ce que l'on appelle le syndrome d'alcoolisation fœtale. Il s'agit seulement d'une estimation, puisqu’il est encore compliqué de recueillir des données précises. Ces premières données statistiques sont certainement sous-estimées, car il est effectivement difficile de connaître les consommations d'alcool chez la femme enceinte ; c'est encore tabou.

Mais d'après cette étude, 3 207 bébés nés entre 2006 et 2013, soit une naissance par jour, souffrent d'au moins une conséquence liée à la prise d'alcool pendant la grossesse. Parmi ces enfants, 452 présentent un syndrome d'alcoolisation fœtale, la forme la plus grave avec des conséquences qui peuvent être physiques comme un cerveau plus petit, un retard de croissance, mais aussi, et plus fréquemment, des troubles du développement et des apprentissages, comme l'explique le docteur David Germanau, neuropédiatre à l'hôpital Robert Debré à Paris. 

Concrètement, ces enfants vont avoir des difficultés pour certains  dans leurs acquisitions : le langage, la coordination, le contrôle de soi, la concentration... toutes ces choses qu'on apprend avant l'école.

"En grandissant, par défaut de prise en charge, ils vont souvent accumuler des troubles secondaires, et parfois des conduites addictives aussi à l’adolescence et à l’âge adulte."

Une fois le diagnostic établi, c'est le moment, souvent  délicat, d'en parler avec la maman  :

Il faut chercher une cause. L'alcool étant une explication extrêmement fréquente, elle doit être dans le haut de la pile des causes à rechercher, et cela nécessite du temps de la discussion pour que les mamans puissent en parler. C'est vrai pendant mais aussi après la grossesse, quand le médecin cherche à caractériser ces troubles."

Une campagne d'information "Zéro alcool" pendant la grossesse est d'ailleurs lancée ce mardi. Il ne s'agit pas d'un message de culpabilisation, mais il convient de rappeler les vraies informations : à tout moment de la grossesse, tout type d'alcool peur être dangereux pour l'enfant à venir. On peut se faire aider si on a des difficultés avec l'alcool auprès d'Alcool Info service

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