La cigarette attire moins les lycéens en 2015, selon le rapport de l'OFDT. Une tendance qui s'explique par un moindre tabagisme des adultes.

Moins confrontés au tabagisme des adultes, les lycéens sont moins nombreux à expérimenter la cigarette
Moins confrontés au tabagisme des adultes, les lycéens sont moins nombreux à expérimenter la cigarette © AFP / VALERY HACHE

L'usage d'alcool et de tabac s'est fortement réduit chez les lycéens français, selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi. La consommation de cannabis reste stable, ce qui représente aussi un signe positif que l'on peut traduire par un premier joint consommé plus tardivement.

Les résultats de l'enquête "font globalement état d'un recul sensible des consommations de tabac et d'alcool chez les lycéens depuis 2011, avec une baisse de l'usage quotidien de tabac de plus de 24% et de la consommation régulière d'alcool de plus de 30%", a noté l'OFDT, dans une analyse pour sa publication Tendances.

►►► LIRE AUSSI | L'étude de l'OFDT

Forte influence des adultes fumeurs

Le moindre tabagisme s'explique, pour François Beck, directeur de l'OFDT, par l'effet de mode : puisque leurs parents fument moins, les lycéens sont moins tentés de passer le temps la clope au bec.

Entre 2011 et 2015, l'expérimentation (au moins un usage au cours de la vie) de la cigarette a reculé chez l'ensemble des lycéens, passant de 70% à 61%. Elle est légèrement plus importante chez les filles (62,1%) que chez les garçons (59,4%) et chez les élèves des filières professionnelles (66,2%) que générales (58,4%).

Les niveaux d'usage de tabac et d'alcool sont plus élevés chez les élèves des filières professionnelles que chez ceux des filières générales, un élément "à rapprocher des observations faites dans les segments de la population adulte ayant suivi ce cursus d'éducation professionnalisée, chez qui le tabagisme mais aussi la consommation d'alcool apparaissent plus marqués que dans les autres catégories socioprofessionnelles", selon l'OFDT.

Pour y remédier, l'organisme plaide pour une meilleure prise en compte des incitations de chaque milieu scolaire dans les actions de prévention.

Une expérimentation plus tardive et moins fréquente

Contrairement au tabac et à l'alcool, "l'usage régulier de cannabis (7,7%) n'a pas évolué entre 2011 et 2015, malgré une légère baisse de l'expérimentation (au moins un usage)".

L'expérimentation de cannabis concerne ainsi 44% des lycéens en 2015, contre 49% en 2011. Elle croît de moitié entre la seconde et la terminale, passant d'un tiers des élèves (35%) à plus de la moitié (54%). L'usage régulier de cannabis est le fait de 10% des garçons et de 5% des filles.

Ces résultats sont extraits de l'étude européenne ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and other Drugs), publiée mardi à Lisbonne par l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), réalisée en 2015 auprès des 15-16 ans. En France métropolitaine, elle a été élargie à l'ensemble des élèves de la seconde à la terminale, et 6 642 lycéens ont été interrogés entre avril et juin 2015.

Derniers articles


Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.