À quelques jours de la journée mondiale sans tabac, le 31 mai, Santé Publique France publie mardi des résultats inédits et encourageants sur la consommation de tabac en France. Une baisse significative : 1,6 millions de fumeurs en moins en deux ans.

Selon Santé publique France, il y a eu 1,6  million de fumeurs en moins en deux ans
Selon Santé publique France, il y a eu 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans © Getty / .

Dans son étude publiée mardi et à quelques jours de la journée mondiale sans tabac, le 31 mai, Santé Publique France a noté une baisse du nombre de fumeurs de 12 % en deux ans et c'est un résultat sans précédent. Dans le détail, on a compté un million de fumeurs en moins de 2016 à 2017, et 600 000 fumeurs en moins de 2017 à 2018. 

Aujourd'hui, un peu plus du quart des Français (25,4 %) fument quotidiennement, alors que l'on était plus proche des 30 % il y a deux ans. Une telle diminution signifie que des fumeurs se sont arrêtés de fumer, mais aussi que les jeunes rentrent moins nombreux dans le tabagisme.

13 cigarettes par jour en 2018 contre près de 14 en 2010 

Encourageante aussi, la baisse du nombre de cigarettes fumées chaque jour : 13 cigarettes en 2018 contre 13,3 en 2017 et 13,8 en 2010. 

Les politiques publiques y sont sans doute pour quelque chose. Elles se sont développées autour de quatre type d'actions : la hausse régulière du prix du paquet, l'instauration du paquet neutre en 2017, le remboursement des substituts nicotiniques, la promotion des cigarettes électroniques, et l'opération Mois sans Tabac qui se tient en novembre depuis trois ans pour encourager de façon ludique et collective les français à ne plus fumer.

Depuis 15 ans, le nombre de décès attribuables au  tabac chez les femmes augmente de plus de 5%  par  an en moyenne (Santé Publique France)
Depuis 15 ans, le nombre de décès attribuables au tabac chez les femmes augmente de plus de 5% par an en moyenne (Santé Publique France) © Getty / .

La France reste un pays de gros fumeurs en Europe

Mais la France reste un pays où l'on fume beaucoup comparé à d'autres pays du même niveau économique. En Grande-Bretagne, par exemple, on est déjà passé depuis quelques années sous la barre des 20 % de fumeurs.

Les inégalités sociales perdurent aussi. Les personnes les moins favorisées (chômeurs, personnes peu ou pas diplômées, revenus faibles) sont plus fréquemment fumeuses que les autres. On fume également moins chez les plus diplômés : 19 % de fumeurs dans cette catégorie contre 28 % parmi les Français dont le niveau d'études est égal ou inférieur au baccalauréat.

Le tabagisme féminin inquiète également : depuis 15 ans, le nombre de décès attribuables au tabac chez les femmes augmente chaque année de plus de 5 %, c'est la conséquence directe de l'augmentation du tabagisme chez les femmes dès les années 70.

Santé Publique France constate malgré tout que la dé-normalisation du tabac fait son chemin et que la poursuite de l'augmentation du prix du paquet devrait conforter la tendance dans les années à venir. Rappelons que le tabac occasionne 75 000 décès chaque année, soit 13 % des décès survenus en France métropolitaine.

En conclusion, Santé Publique France estime qu'"il faut être conscient du fait que le tabac reste un produit fortement consommé en France et, en raison de ses conséquences néfastes sur la santé, constitue un enjeu de santé publique de premier ordre pour les années à venir". La prévalence tabagique reste élevée en France notamment parmi les femmes, et "l’écart est encore plus important avec les États-Unis et l’Australie" souligne l'organisme dans son rapport.

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