PARIS (Reuters) - Ziad Takieddine, l'homme d'affaires libanais mis en examen dans le dossier d'une supposée corruption lors de l'élection présidentielle de 1995, publie un livre où il fait état de ses liens d'amitié et d'affaires traitées avec l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

Intitulé "L'ami encombrant", ce livre publié à moins de deux mois du premier tour de la présidentielle de 2012 a pour objet, pour son auteur, de rappeler les liens qu'il dit étroits avec de nombreuses personnalités de la majorité et de rappeler les services qu'il affirme avoir rendu à la France.

Ziad Takieddine se présente d'abord comme celui qui a conclu avec le leader libyen Mouammar Kadhafi en 2007 la libération d'infirmières bulgares détenues à Tripoli, où, assure-t-il, Tripoli a obtenu en contrepartie le paiement de 300 millions d'euros par le Qatar.

Avec Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur puis secrétaire général de l'Elysée, les affaires étaient selon lui monnaie courante, car il lui aurait servi d'intermédiaire avec plusieurs régimes proche-orientaux et arabes, comme celui de Bachar al Assad en Syrie, assure-t-il.

"De 2003 à 2010, nous ne nous sommes jamais quittés de vue. Que ce soit pour le contrat Miksa (un gigantesque marché avec l'Arabie saoudite-NDLR), la prise de contact avec Kadhafi ou les grandes manoeuvres en Syrie et au Liban, il ne se passait pas de semaine sans que je prenne contact avec l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy", écrit-il, selon les extraits du livre publiés dans Le Point.

Pour la justice, qui l'a mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux", Ziad Takieddine a été utilisé par le gouvernement Balladur en 1995 comme intermédiaire très fortement rémunéré pour organiser des circuits de corruption en marge d'un contrat d'armement au Pakistan dans les années 1990.

Un imbroglio sur le paiement de ces commissions, du fait de la rivalité à la présidentielle de 1995 entre Edouard Balladur et Jacques Chirac, pourrait être, selon une hypothèse de travail des juges, à l'origine d'un attentat en 2002 à Karachi qui a tué onze Français travaillant sur ce contrat de sous-marins.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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