25 ans après le passage du nuage de Tchernobyl en France.

Les élus corses votent aujourd'hui 7 octobre pour tenter de connaitre enfin les conséquences sanitaires du passage du nuage de Tchernobyl.

Alors que plusieurs associations ont déposé un recours en cassation après le non lieu prononcé il y a un mois en faveur du professeur Pellerin concernant la gestion en France du passage du nuage radioactif de Tchernobyl, la collectivité territoriale de Corse va voter le lancement d'un appel d'offre pour la réalisation d'une étude épidémiologique (et ce devrait être voté à l'unanimité).

C'est une première du genre chiffrée à près de 400 000 euros. Les élus corses veulent tenter de prouver que les pathologies de la thyroïde ou encore les leucémies sont bien supérieures, proportionnellement, sur l'île que sur le continent. En particulier chez les personnes nées au deuxième semestre 1986.

C'est l'aboutissement d'un combat qui dure depuis 25 ans, sur fond de mensonges d'état. Il faut dire que les arguments y compris judiciaires ne manquent pas.

Emmanuel Leclère

Le 6 septembre, la cour d’appel de Paris a décidé d'un non-lieu et mis fin à l'enquête ouverte en 2001 sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France et le cas du professeur Pierre Pellerin

L’ancien patron en 1986 du service central de protection des rayons ionisants était accusé d’avoir caché la vérité et d'avoir minimisé les conséquences en France du passage du nuage radioactif fin avril-début mai 1986.

Une plainte contre X avait été déposée en 2001 par la CRIRAD, la commission de recherche et d'Information indépendantes sur la Radioactivité, l'association française des malades de la thyroïde et un collectif de médecins corses. Le parquet général a demandé fin mars 2011 un non lieu dans cette affaire, avis suivi ce matin. La chambre de l'instruction avait auparavant suspendu l'enquête, menée depuis près de 10 ans, par la juge Marie Odile Bertella-Geffroy.

Cet été Le Parisien-Aujourd’hui en France a publié des extraits d'un rapport d'experts commandité par la magistrate. Il montre notamment qu'il y a pu avoir des augmentations de 100 % des troubles thyroïdiens, en Corse, après 1986.

La décision de ce matin était donc particulièrement attendue en Corse, la région "présumée" la plus touchée, car officiellement il n'y a jamais eu de lien établi entre le passage du nuage, et les cas de cancers et de troubles de la thyroïdes observés sur l'Ile depuis 25 ans.

Dr. Fauconnier
Dr. Fauconnier © Emmanuel Leclère

« On nous a trompés, on s’est moqué de nous. Alors je me suis formé pour comprendre ce qui se passait »

Le docteur Denis Fauconnier vit à Costa en Balagne. Aujourd'hui à la retraite, il fut le premier à envoyer des échantillons de lait de brebis et de chèvre à Paris, dans le service du professeur Pellerin.

Le premier également à dénoncer l'absence de réaction des autorités françaises dans leur ensemble.

Denis Fauconnier

Il y a beaucoup plus de leucémie de l’enfant et d’hypothyroïdies

Le Docteur Fauconnier mène un combat depuis vingt-cinq ans qu'il entend poursuivre, quelles que soient les décisions judiciaires à venir. Il compte beaucoup, notamment, sur l'étude épidémiologique que devrait lancer dans les mois à venir l'assemblée territoriale corse. En attendant il compile lui-même des statistiques qui montrent –en proportion- un nombre très important d’atteintes de la thyroïdiens et de leucémies.

Denis Fauconnier

Carte du nuage
Carte du nuage © Emmanuel Leclère

« On nous a dit que la population Corse ne représentait que deux quartiers de Marseille et que donc ça ne valait pas la peine de prendre des mesures spéciales »

Le moment où le nuage est passé –en mai, lorsque la production laitière est la plus importante- et la météo de cette période là –bruine et brouillards- ont renforcé la contamination radioactive des végétaux et des pâturages.

La population pastorale et ceux qui vivent des produits de la terre, ont été la plus touchés.

Denis Fauconnier

Les Corses attendent qu’on leur dise enfin la vérité

C'est le cas de ces habitants de Saint Florent

### La génération 86 des victimes "présumées" du nuage de Tchernobyl Entretien croisé avec deux jeunes corses nés au deuxième semestre de cette année là. L'une, Stéphane Rocca, a grandi à Piana, près d'Ajaccio. Elle n'a rien pour l'instant. L'autre, Bartolomé Colombani, vit toujours à Costa en Balagne. Il est tombé malade il y a 5 ans. Enfant, ils étaient deux malades, sur une classe de 12... _Bartolomé Colombani et Stéphane Rocca_
### L'assemblée territoriale corse s'apprête à lancer un appel d'offre pour une vaste étude épidémiologique**.** Le but de cette étude: tenter de faire le lien entre le nuage de Tchernobyl et les nombreux cas de cancers et maladies de la thyroïde qui se sont déclarées sur l'ïle et que l'Etat français a toujours refusé de prendre en compte. _Josette Risterucci est conseillère à l'Assemblée territoriale de Corse (Parti communiste) et présidente de la commission "Tchernobyl"._
**> [Le blog du docteur Fauconnier](http://nuage-radioactif.com/ "le blog du Dr. Fauconnier")** [ ](http://nuage-radioactif.com/ "le blog du Dr. Fauconnier")
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