La situation sanitaire "ne justifie pas à ce jour" de reconfiner à assuré Jean Castex, jeudi soir. Le gouvernement a rappelé l'importance du télétravail pour limiter la circulation du virus et a appelé les Français à "la plus grande prudence" alors que débutent les vacances d'hiver dans une partie du pays.

Jean Castex s'est exprimé jeudi soir, confirmant que la situation sanitaire en France "ne justifie pas à ce jour" un nouveau confinement.
Jean Castex s'est exprimé jeudi soir, confirmant que la situation sanitaire en France "ne justifie pas à ce jour" un nouveau confinement. © AFP / Martin Bureau

La situation actuelle ne justifie pas un reconfinement en métropole, a assuré le Premier ministre Jean Castex, jeudi soir, lors d'une conférence de presse sur la situation sanitaire en France, face à la crise de la Covid-19. "Nos chiffres sont élevés mais relativement stables", a-t-il indiqué, précisant que "la circulation du virus n'a pas sensiblement augmenté ces dernières semaines" mais que 6 malades sur 10 hospitalisés en réanimation sont atteints du coronavirus. 

Toutefois, "si nous y sommes contraints", a ajouté Jean Castex, "nous n'hésiterions pas à prendre nos responsabilités". Rappelant que le gouvernement voulait "tout mettre en œuvre" pour éviter un reconfinement et n'envisager cette possibilité qu'en "dernier recours", Jean Castex a également invité les Français à "la plus grande prudence" durant les vacances d'hiver qui débutent vendredi soir pour certaines zones : "Nous avons choisi de ne pas limiter les déplacements entre régions" mais "nous devons éviter tout relâchement" des gestes barrières.

Actuellement, seule la situation à Mayotte oblige à reconfiner cette région ultra-marine, pour au moins trois semaines, à compter du vendredi 5 février à 18 heures. 

"Télétravailler partout où c'est possible"

"L'heure est au respect maximal de nos règles communes, mais il suffit qu'un faible nombre s'en affranchisse pour que le virus prospère", a regretté Jean Castex. Ainsi, le Premier ministre juge "impératif" de "télétravailler partout où c'est possible", constatant que, "depuis la fin de l'année" 2020, le recours au télétravail "s'est réduit".  

"C'est un levier essentiel pour limiter la circulation du virus", a rappelé la ministre du Travail, Elisabeth Borne. "Je demande à chaque entreprise de se mobiliser sans délai, pour réduire la part des salariés qui ne télétravaillent pas du tout", a réclamé Elisabeth Borne, citant un relâchement dans les secteurs de la banque et de l'assurance, de la communication, de l'informatique, des activités immobilières et juridiques. 

Il est également demandé que les salariés qui télétravaillent aujourd'hui 1, 2 ou 3 jours par semaine fassent au moins un jour de télétravail en plus chaque semaine. "J'appelle tous les chefs d'entreprise et les représentants des salariés à organiser des concertations au sein de chaque entreprise dans les meilleurs délais", a indiqué la ministre. Une ligne d'écoute est disponible "pour les salariés qui souffrent d'isolement" : le 0 800 130 000.

Vaccination : 1,7 million de rendez-vous en plus

Au total, 1,5 million de vaccinations ont été réalisées en janvier, "au lieu d’un million prévues initialement" a indiqué Jean Castex. Tous les résidents d'Ehpad auront reçu leur première injection d'ici la fin de semaine, a-t-il assuré, ajoutant que "la campagne de vaccination suit désormais un rythme soutenu : nous avons hier vacciné plus de 100 000 personnes, dont près de 70 000 en première injection."

"Nous gardons pour objectif de proposer la vaccination à toutes les personnes de plus de 65 ans d’ici le mois de mai, et d’avoir couvert tous les Français adultes d’ici la fin de l’été"

Il a également précisé que, dans les prochains jours, 1,7 million de rendez-vous supplémentaires allaient être rendus disponibles pour des premières injections. 

Par ailleurs, l'arrivée du vaccin AstraZeneca va permettre d'accélérer le processus vaccinal. Une première livraison est prévue en fin de semaine, offrant la possibilité de vacciner en priorité d'autres professionnels de santé "dès ce samedi". Ces doses seront affectées "aux établissements de santé, pour protéger les professionnels de santé, hospitaliers et de ville, qui se battent en première ligne contre le virus", a déclaré Jean Castex. 

Concernant les stocks de vaccins, "l'Union européenne a, à ce jour, commandé plus de 2,6 milliards de doses. Ces commandes sont fermes", a assuré la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. "La France contribuera à produire dès les prochains mois quatre vaccins", a déclaré la ministre. Il s'agit du "Moderna, à partir du mois de mars, le BioNTech, à partir du mois d'avril, le Curevac, si ce vaccin reçoit une autorisation de mise sur le marché à partir du mois de mai, et le Sanofi à partir du mois de juin".

Circulation du variant : 14% des malades concernés

"Nous faisons face à un nouveau risque : la propagation des nouvelles souches, les variants, beaucoup plus contagieux, qui se propagent plus vite et peuvent conduire à des flambées épidémiques", a rappelé Jean Castex. La part des malades atteints par ces nouvelles formes est passée d'environ 3,3% des testés le 8 janvier à 14% aujourd'hui, avec des taux supérieurs dans certaines régions.  

En France, c'est la souche mutante d'origine anglaise qui est principalement identifiée, même si le variant d'origine sud-africaine est aussi présent et "depuis hier [mercredi], le variant d'origine brésilienne", a précisé le ministre. "Notre objectif est clair : nous voulons limiter au maximum la diffusion de ces variants" mais "parce qu'ils sont plus contagieux", ces variants "sont amenés à remplacer progressivement le Covid-19 dans la forme que nous connaissons", a souligné Olivier Véran.