"La sédentarité et l'inactivité physique", favorisées par le confinement pour freiner l'épidémie de Covid-19, "conduisent à un risque augmenté de surpoids et d'obésité pendant l'adolescence", détaille Irène Margaritis, cheffe de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition de l'agence sanitaire (Anses).

Un jeune homme joue à la console de jeu. Image d'illustration.
Un jeune homme joue à la console de jeu. Image d'illustration. © AFP / heshphoto / Image Source

C'est sans doute l'un des effets du confinement et des restriction de circulation chez les jeunes. Trop d'écrans, pas assez de sport ou d'activité physique ; l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation et de l'environnement alerte sur la sédentarité. Le temps passé devant les écrans, sans aucune activité physique, provoque en effet des risques importants qui concernent aujourd'hui deux tiers des jeunes en France. 

66% des ados concernés

C'est une grosse majorité, 66% des adolescents de 11 à 17 ans, qui reste plus de deux heures par jour sédentaires, le plus souvent devant des écrans. Un premier risque, cumulé avec un second : l'activité physique quotidienne est inférieure à une heure. "Une chose est sûre, la sédentarité et l'inactivité physique conduisent à un risque augmenté de surpoids et d'obésité pendant l'adolescence", détaille Irène Margaritis, cheffe de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition de l'agence sanitaire. 

"Très souvent, ces jeunes, qui sont insuffisamment actifs ou sédentaires, vont pérenniser ces comportements-là pour avoir le même type à l'âge adulte, ce qui va les exposer à des risques cardiovasculaires, des risques de certains cancers", poursuit-elle. 

Se déplacer à vélo ou à pied

Il y a même une explosion de sédentarité chez 17% de ces adolescents, qui passent 4 heures 30 par jour devant un écran, avec moins de 20 minutes d'activité physique. "Il faut se dire que la sédentarité et l'inactivité physique sont des facteurs de risques en tant que tels. Ce n'est pas forcément le modèle qu'on a en tête : on se dit que, finalement, l'inactivité physique, c'est bien si on en fait plus mais que si on n'en fait pas trop, ce n'est pas trop grave. Mais ce n'est pas comme ça qu'on devrait voir les choses puisque, aujourd'hui, on arrive à un niveau d'inactivité physique qui expose à des risques sanitaires." 

L'Anses le souligne : il faut repenser nos modes de vie, l'urbanisme des villes par exemple, qui doit inciter à davantage de déplacements à vélo ou à pied.