Le mouvement du #Lundi14Septembre, lancé sur les réseaux sociaux, a relancé le débat sur les règlements vestimentaires au lycée et au collège. Le ministre de l'Éducation a estimé qu'il fallait venir "habillé d’une façon républicaine", ce qui a déclenché de nombreuses réactions au sein de la classe politique.

Marlène Schiappa, Eric Piolle, Valérie Pécresse et Jean-Michel Blanquer ont réagi au mouvement du #Lundi14Septembre.
Marlène Schiappa, Eric Piolle, Valérie Pécresse et Jean-Michel Blanquer ont réagi au mouvement du #Lundi14Septembre. © AFP / Bertrand Guay, Jean-Pierre Clatot, Eric Piermont, Mustafa Yalcin

Le mouvement du #Lundi14Septembre n'a pas fini de faire parler de lui. Depuis plus d'une semaine, la classe politique réagit à cette initiative lancée sur les réseaux sociaux, où des élèves au lycée et au collège appelaient à venir habillés de manière "provocante" pour dénoncer les tenues "correctes" exigées dans certains établissements. Des règlements vestimentaires jugés sexistes. Ce lundi, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a encore relancé le débat, en estimant qu'il fallait venir à l'école vêtu d'une "façon républicaine". Tour d'horizon des réactions.

Jean-Michel Blanquer et la tenue "républicaine"

Interrogé en marge d'un déplacement le 14 septembre par BFMTV, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer avait prôné "une position d'équilibre et de bon sens". "Il suffit de s'habiller normalement et tout ira bien", expliquait-il, suscitant la colère des membres du mouvement. Mais c'est ce lundi, le 21 septembre, qu'une petite phrase du ministre sur RTL a véritablement déclenché la polémique, divisant au sein même du gouvernement. 

"Chacun peut comprendre qu'on vient à l'école habillé _d'une façon républicaine_, c'est à dire qui permette une plus grande égalité entre tous" : 

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"Il est important d'arriver à l'école dans une tenue correcte, c'est le règlement intérieur qui l'établit", détaille le ministre chez nos confrères. "L'école n'est pas un lieu comme les autres. Vous n'allez pas à l'école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit". Le ministre invoque la "sobriété" dans le vêtement comme "protection" des enfants et adolescents. 

"Aujourd'hui on doit faire attention à l'hypersexualisation qui est une pression sur nos enfants et adolescents (...) que ce soit les sujets de vêtements, de pressions de marques pour imposer telle ou telle mode, nous devons les protéger au maximum face à cela, et une forme de sobriété dans le vêtement fait partie de cette protection, des filles comme des garçons."

Marlène Schiappa défend le mouvement depuis le début

Le 14 septembre, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté et ancienne ministre de l'Égalité femmes-hommes, tweete son soutien au mouvement. "Des jeunes filles ont décidé spontanément partout en France de porter jupes décolletées, crop top ou maquillage pour affirmer leur liberté face aux jugements et actes sexistes. En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration", peut-on lire dans le tweet. 

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La ministre revient sur le sujet plus en longueur dans le JDD, le jour même. "Je soutiens toujours les mouvements qui vont en direction de l'émancipation des femmes. Particulièrement lorsque cela vient des jeunes générations." 

"Je crois que le message général est de dire que l'indécence est dans les yeux de celui qui regarde" — Marlène Schiappa

"Chacun est libre de s'habiller comme il le veut" estime Elisabeth Moreno

Ce lundi dans le journal Le Parisien, Elisabeth Moreno la ministre délégué à l'Egalité Femmes-Hommes, affirme son désaccord avec la ligne de Jean-Michel Blanquer : "En France, chacun est libre de s'habiller comme il le veut", explique-t-elle. "Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s'affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n'a pas de prix. C'est aussi un enjeu d'éducation des jeunes garçons, du rapport qu'ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect."

Najat Vallaud-Belkacem : "On met toute la culpabilisation sur le corps des femmes"

L'ancienne ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a réagi au mouvement du #Lundi14septembre sur France Inter vendredi 18 septembre. Elle n'est pas opposée aux règlements en vigueur dans les établissements : "J'ai été ministre de l'Éducation, donc c'est un sujet que j'ai eu à expérimenter très directement. Je peux vous dire que dans ce genre de situations, il faut bien laisser la possibilité aux chefs d'établissement de juger des situations", a-t-elle expliqué, disant que le chef d'établissement était "le mieux placé, il faut lui faire confiance."

Mais elle dénonce la réaction "culpabilisante" de Jean-Michel Blanquer. "J'ai l'impression qu'on met toute la culpabilisation sur le corps des femmes, une fois de plus : on a un discours à sens unique dans lequel on projette, sur le corps de ces jeunes filles, l'idée que ce corps est forcément, de façon inhérente, sexuel, provocant, dérangeant, et que c'est de leur faute."

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Emmanuel Macron appelle au "bon sens"

En déplacement à Condom dans le Gers pour les Journées du patrimoine, Emmanuel Macron se fait interpeller à ce sujet par un jeune dans la rue. Il s'est contenté d'appeler au "bon sens" plutôt qu'à de nouvelles réglementations. "Je trouve que ce n'est pas illégitime que les profs, les directeurs d'école, disent 'on essaye tous d'avoir une tenue qu'on juge comme correcte' ", répond le président de la République.

"Il y a une liberté vestimentaire" mais c'est "une bonne chose qu'on essaie de garder quelques codes au collège, au lycée. Parce qu'après on ne sait jamais où ça s'arrête". Tout en maintenant que "le bon sens vaut mieux qu'un long règlement en la matière".

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Pour Emmanuel Macron, il faut que les jeunes acceptent que les parents et les enseignants "expliquent des règles". "On est tous passés par là et je n'ai pas le sentiment que cela nous ait enlevé quelque liberté (...) Je comprends le sentiment que cela crée, je l'entends, mais je ne suis pas sûr d'avoir à me mêler de tout."

"Le problème, c'est le regard des hommes" estime Éric Piolle

Interrogé sur le terme "tenue républicaine" ce mardi sur RMC/BFMTV, Éric Piolle, maire EELV de Grenoble juge que "le problème, c'est le regard des hommes".

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"Est-ce que le problème c'est le crop-top ? Je ne sais pas. On a l'impression que le problème c'est le nombril des filles, moi je pense que c'est le regard des hommes. Changeons le regard des hommes sur le corps des femmes et vous verrez qu'on aura plus de problèmes pour savoir s'il faut voir un nombril ou pas", argumente le maire écologiste.

"Là où certains sont obsédés par le corps des femmes, moi je suis obsédé par les droits des femmes" — Eric Piolle

"Que les femmes s'habillent comme elles veulent, et éduquons les hommes dès le plus jeune âge pour pas qu'ils regardent les femmes avec un regard de femme objet."

Aller à l'école "pas comme quand on va en soirée", pour Agnès Pannier-Runacher

"Moi je fais partie de ces gens qui ont un attachement à l'école très important", répond Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée à l'Industrie, interrogée ce mardi sur franceinfo, et qui estiment que quand on va à l'école il faut une tenue qui montre que c'est pas comme quand on va chez les copains ou en soirée, on pourrait dire une tenue sobre, décente." 

Malgré tout la ministre dit "entendre" les revendications des lycéennes ayant lancé le mouvement. "Moi ce qui me gêne c'est que que la consigne porte plus sur les filles que sur les garçons, c'est totalement décalé, la tenue décente ça vaut pour tout le monde, on sait très bien ce que c'est."

"Certaines personnes sont victimes des projections sociales" — Agnès Pannier-Runacher. 

"C'est la même pression sociale qui joue pour vous effacer en vous habillant un peu trop long et en cachant tout ce qui dépasse, que la pression sociale qui vous pousse à vous habiller au plus court et au plus visible", a-t-elle développé.

"Le principe de l'école c'est, au fond, de se dire que les gens valent par leur esprit, et ce qu'ils apportent et leur humanité, et pas par ce qu'ils portent sur leur dos, je pense que c'est une approche qui me parait très raisonnable, et j'accepte d'être un peu vieux con sur ce sujet-là", conclut la ministre.

Valérie Pécresse et "un juste milieu"

"L'école ce n'est pas comme on veut", estime de son côté, aussi sur franceinfo, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. "Il y a des jeunes filles qui veulent s'habiller pudiquement, il y a des jeunes filles qui revendiquent de s'habiller de manière plus provocante, il peut y avoir un milieu entre les deux. Aujourd'hui, il faut que l'école nous rassemble et pas qu'elle nous divise", ajoute Valérie Pécresse, qui affirme qu'elle "adore les crop tops, c'est très mignon les crop-tops, mais on ne va pas à l'école pour montrer son nombril. On peut les mettre en dehors de l'école". 

Concernant les minijupes, "chaque jeune fille est capable d'apprécier quelle est la bonne longueur. Il faut réussir à avoir une tenue qui soit normale mais ça c'est du bon sens", insiste-t-elle.

Bruno Bobkiewicz (SNPDEN) d'accord avec Blanquer

Le secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation national (SNPDEN) Bruno Bobkiewicz a défendu les propos du ministre de l'Éducation ce mardi. Selon lui, Jean-Michel Blanquer "a eu raison d'insister sur le fait que dans un établissement scolaire, on ne vient pas habillé comme on irait à la plage". "Maintenant, la notion de tenue républicaine est à préciser parce que personne d'entre nous n'a compris ce que ça voulait dire", avoue-t-il sur franceinfo.

Ce proviseur de la cité scolaire Berlioz de Vincennes, dans le Val-de-Marne, estime qu'il y a "un travail éducatif à faire auprès des jeunes garçons et des jeunes filles sur ces questions, de toute évidence et bien insister sur le fait qu'au-delà de la liberté qui est revendiquée c'est aussi la question des rapports entre les jeunes et la question du vivre ensemble."

"Les boomers ont-ils oublié leur adolescence ?" questionne Sophie Fontanel

Dans l'Obs le 17 septembre, la journaliste mode Sophie Fontanel s'interroge : "Les boomers ont-ils oublié leur adolescence ?" Elle analyse : "Par les vêtements, ces jeunes se donnent un plaisir que tout, autour d’eux, leur refuse." 

_"Les personnes qui s’offusquent de voir des gamines et gamins prétendre étudier dans les écoles de la République attifés étrangement et 'à moitié à poil' (faux, en plus), font une erreur en liant ces styles vestimentaires à une 'kardashianisation' de la société. C’est au contraire quelque chose qui vient de la rue, et qui passe ensuite sur Instagram, Tik Tok"_estime la journaliste. 

Elle renvoie à ses années lycée : "Tous ces 'boomers' qui se désolent de voir un certain maintien vestimentaire ficher le camp, on dirait qu’ils n’ont pas vécu la même adolescence que moi, pourtant leur congénère. Dans les années 1970, certaines élèves de mon lycée, pourtant du 16e arrondissement de Paris, arrivaient en cours avec des brassières, des pantalons pattes d’eph’ et des sabots qui faisaient un de ces boucans. Parfois ça passait, parfois ça passait pas."

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