Telegram, Whatsapp, Viber, iMessage, toutes ces messageries sont devenues le cauchemar des services antiterroristes. Faut-il légiférer pour leur imposer de laisser un accès ?

Ces messageries sont devenues le cauchemar des services de renseignements
Ces messageries sont devenues le cauchemar des services de renseignements © Maxppp / Jochen Eckel

La messagerie Telegram, sur laquelle l'un des deux auteurs de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray avait évoqué son projet d’attaque, est régulièrement pointée du doigt par les autorités comme l'un des moyens de communication préféré des djihadistes.

Lancée en 2013, cette messagerie gratuite, a un algorithme de chiffrage très puissant que les agences n’ont pas réussi à déchiffrer. Du coup Telegram promet à ses utilisateurs un échange de messages, photos, vidéos et documents avec ses contacts, soit à deux, soit avec un groupe (jusqu'à 5.000 personnes) en toute sécurité. Elle propose également la création de chaîne, un peu comme YouTube, pour diffuser des messages publics. Une option permet même de détruire les messages une fois qu’ils sont lus.

Autre problème avec Telegram, son propriétaire, un Russe installé à Berlin, est opposé à tout type de censure pas très réactif quand il s’agit de fermer des comptes utilisés par des djihadistes.

Depuis Saint-Etienne-du-Rouvray on parle énormément de Telegram, mais ce n’est pas la seule messagerie sur laquelle les services de renseignements se cassent quotidiennement les dents.

Lors d'une audition rendue publique mi-juillet, le patron du renseignement intérieur Patrick Calvar avait expliqué que les 3.000 agents du renseignement intérieur se heurtent chaque jour au problème du chiffrement et à la multiplication des moyens de communication, car en plus de Telegram il y a Whatsapp, Viber, iMessage... toutes ces messageries devenues le cauchemar des services antiterroristes.

Imposer une règle

"Le chiffrement est assurément une question majeure que seules des conventions internationales pourront régler, les frontières des Etats étant désormais le plus souvent inopérantes pour fixer les termes de la loi", a affirmé Patrick Calvar, le patron de la DGSI.

Pour Antoine Chéron, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit de la propriété intellectuelle, la solution est dans la législation car toute négociation est impossible avec les acteurs du web. Aux Etats-Unis, les autorités avaient demandé en vain au géant Apple de débloquer le téléphone d'un des auteurs de la fusillade de San Bernardino, en Californie, qui avait fait 14 morts en décembre.

Il y a évidemment un débat entre le respect des libertés fondamentales et la lutte contre le terrorisme, mais la seule solution semble donc d’imposer aux patrons de ces messagerie la mise en place de back dors, des portes dérobées pour les enquêteurs

Antoine Chéron avec Jean-Philippe Deniau

Messageries et réseaux sociaux
Messageries et réseaux sociaux © VisActu
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