En France, 150 000 personnes sont victimes d'un AVC chaque année, et beaucoup en garderont des séquelles. Mais depuis deux ans, la thrombectomie mécanique révolutionne la prise en charge. Elle consiste à aller chercher le caillot qui s'est formé dans l'artère en passant par l'aine du patient.

Extraction du caillot au bloc opératoire, à l'hôpital Bicêtre
Extraction du caillot au bloc opératoire, à l'hôpital Bicêtre © Radio France / Véronique Julia

ll y a un accident vasculaire cérébral en France toutes les quatre minutes. Dans 20% des cas, l'artère rompt et ça saigne : c'est l'anévrisme.

Dans 80% des cas, l'artère est bouchée par un caillot, c'est l'AVC ischémique, le caillot empêche le sang de circuler. Beaucoup de patients (40%) en gardent des séquelles importantes, mais la prise en charge progresse. Depuis deux ans, elle s'est même totalement révolutionnée : on est maintenant capables d'aller chercher le caillot mécaniquement, en passant par le haut de la cuisse. On appelle ça la thrombectomie mécanique et les résultats sont très probants. 

Le caillot empêche le sang de circuler. Une fois enlevé, le sang irrigue à nouveau le cerveau
Le caillot empêche le sang de circuler. Une fois enlevé, le sang irrigue à nouveau le cerveau / Pr. Laurent Spelle

Au sud de Paris, l’hôpital Bicêtre est un centre de référence en la matière, dans le service du Professeur Laurent Spelle, en neuroradiologie interventionnelle. Depuis le début des années 2000, l'AVC se traitait d'abord par thrombolyse intraveineuse : on injectait dans le bras du patient un produit pour dissoudre le caillot et permettre au sang se recirculer à nouveau. Le problème, c'est que ça n'est efficace que si on agit dans les quatre heures et demie qui suivent l'apparition des premiers signes (paralysie d'un côté, vision trouble, difficulté d'élocution...), et en plus, ça ne marche pas toujours, le caillot n'est pas forcément dissout.

Depuis deux ans, on tente donc simultanément d'aller chercher le caillot directement dans le cerveau, avec un dispositif spécifique. On passe par l'aine, et on remonte un cathéter jusqu'à la tête, exlique le Professeur Laurent Spelle : "Une fois qu'on arrive à l'endroit où l'imagerie montre l'artère bouchée, on déploie un mini stent qui va permettre d'attraper le caillot (le caillot peut mesurer deux centimètres de long !),  on tire ensuite sur le stent (parfois on aspire aussi), et le caillot part avec. À l'imagerie, c'est très net, on voit, une fois que le caillot est parti, que la circulation sanguine a repris normalement dans les vaisseaux du cerveau. L'intervention dure une heure, en moyenne. Le patient est sous sédatif pour éviter qu'il bouge." 

Les résultats, confirmés par plusieurs études, sont spectaculaires : avec la thrombectomie en plus de la thrombolyse, deux fois plus de patients vont reprendre une vie normale.

Le Professeur laurent Spelle, chef du service de neuroradiologie interventionnelle à l'hôpital Bicêtre
Le Professeur laurent Spelle, chef du service de neuroradiologie interventionnelle à l'hôpital Bicêtre © Radio France / Véronique Julia

La thrombectomie a un autre avantage considérable, c'est de pouvoir être efficace jusqu'à 6 heures après le début des troubles. Récemment, on a même montré qu'en intervenant jusqu'à 24 heures après, l'état du patient est significativement amélioré.

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