Mercredi soir, c’est la reprise de Top Chef. Pour la 11e saison, quinze candidats vont s’affronter dans ce concours de cuisine dont le niveau croît chaque année. Si cette saison sera plus “écoresponsable” que toutes les autres, promet M6, une chose ne change pas : le jargon des cuistots.

Tiens, comment "revisiteriez-vous" la tomate cerise ?
Tiens, comment "revisiteriez-vous" la tomate cerise ? © Getty / MirageC

Voilà onze ans que Top Chef fait rêver les Français. L’émission de M6, qui cartonne toujours en audience et qui a enterré au passage quasiment tous les autres concours de cuisine à la télé, revient mercredi soir pour une nouvelle saison

Quinze candidats, un nouveau juré (Paul Pairet remplace Jean-François Piège aux côtés d’Hélène Darroze, Philippe Etchebest et Michel Sarran), de nouvelles règles : chaque année, la production instaure quelques changements. En 2020, urgence climatique oblige, cette nouvelle saison sera placée sous le signe “de l’éco-responsabilité” assure M6, avec par exemple une épreuve zéro-déchets. 

Mais une chose ne change pas : ces expressions récurrentes des candidats et des chefs qui nous amusent tant, ces mots qu’on ne comprend pas toujours. Alors pour cet article, on ne part pas vraiment sur un bingo, on va plutôt faire comme une revisite du dico.  

Les expressions récurrentes 

  • “Partir sur” : expression, justement, pour faire style qu’on est élégant, mais en fait c’est un insupportable tic de langage pour dire qu’on va juste faire quelque chose. Par exemple : “je pars sur une purée” pour “je vais faire une purée”.
  • “Sublimer ce plat” : quand un candidat veut “sublimer” un produit, ça veut dire qu’il veut le rendre plus beau, l’embarquer jusqu’au sommet quoi. Ça s’applique surtout à des produits assez simple. Genre, vous, vous sauriez “sublimer” une patate ?
  • “Mettre du pep’s”, “Twister le plat” : ça ne veut pas dire grand chose, mais apporter du “twist” et du “pep’s”, c’est tout bêtement relever une assiette avec un ingrédient inattendu. Du sucré dans du salé, de l’acide dans du doux, du croquant dans du gourmand… du twist quoi !
  • “L’assiette très féminine” : c’est celle qui nous agace vraiment sérieusement. Sous prétexte qu’il y a des petites fleurs ou des jolies couleurs dans l’assiette, en gros, c’est féminin. Mouais. “On associe” une assiette féminine “à une assiette raffinée, qui propose des émotions, en finesse” avait expliqué Michel Sarran à l’Obs reconnaissant que c’était un peu “caricatural”. Ah ?

Les descriptifs des chefs

  • Une belle “jutosité” ou “sucrosité” : il suffit de regarder la racine du mot, à chaque fois, pour comprendre… C’est lorsqu’un plat et bien juteux ou bien sucré. Mais dit comme ça, ça fait plus classe quand même. En revanche, on n’a trouvé ni l’un ni l’autre dans le Larousse… 
  • “Ça manque de brillance” : on va faire simple pour cette définition. En gros, c’est quand il n’y a pas assez d’huile ou de beurre !
  • “Un plat déstructuré” : ça vous connaissez. Parce qu’au dessert, dans le restau branché du coin, vous avez forcément déjà vu un tiramisu ou une tarte au citron “destructurée”. L’idée c’est de changer la structure d’un plat. Des fois ça donne des choses pas mal, des fois c’est un peu la cata. 
  • “Une recette revisitée” : il s’agit d’adapter une recette, souvent un classique de la cuisine (choucroute, pâtes carbonara, tarte aux pommes) à sa sauce, avec son regard. Souvent, quand on revisite, on déstructure un peu aussi. Et on ajoute ? Bah du pep’s et du twist, quelle question. 

Les coups de main 

  • “Une crème en espuma” : c’est l’un des GRANDS classique de Top Chef. Avec l’un des ustensiles préféré des candidats. Pour faire simple, ça veut dire mousse en catalan. Et l’espuma c’est donc l’écume d’un liquide obtenue grâce à un siphon à chantilly (et au gaz qu’on injecte dedans évidemment). Dans Top Chef, on fait des espuma… de tout, vraiment de tout. 
  • “Je vais mettre mes demi-sphères en cellule” : ah, les demi-sphères. Chaque saison, il y a un drame avec elles dans l’émission. Ces petits moules servent souvent en pâtisserie pour créer de jolies sphères à base de crèmes saisies en cellule de refroidissement. Sauf que dans les épreuves le temps est compté. Que parfois les candidats prennent du retard. Et qu’à la fin les sphères tombent à plat.
  • “Faire une cuisson basse température” : c’est tout bête ! Cette technique, surtout utilisée pour la cuisson de la viande ou du poisson, permet de garder la structure, mais surtout le goût des produits en maîtrisant le temps (souvent plus long) de cuisson et donc la température. 
  • “Je vais les snacker” : c’est tout simplement le fait de saisir assez rapidement quelque chose, le plus souvent sur une plancha déjà bien chaude. Ceux qui parmi vous sont à cheval sur l’usage du français vont détester ce mot ! Exemple : “Il snacke les Saint-Jacques et les flambe au cognac”.
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