Dans le village de Haute-Savoie des Contamines-Montjoie, commerçants et habitants tentent de rassurer les touristes après l'annonce de cinq cas de coronavirus chez des Britanniques ayant séjourné dans la station.

Les Contamines
Les Contamines © AFP / Marie Giffard

Dans ce village de 1.200 habitants situé à côté du Mont Blanc, et envahi par des milliers de touristes en pleine saison de ski, aucun signe ne laisse deviner que onze personnes, toutes de nationalité britannique, ont été évacuées à la hâte dans la nuit de vendredi à samedi et hospitalisées.  Cinq d'entre eux, dont un enfant, ont été testés positifs au nouveau coronavirus après qu'un de leurs compatriotes, de retour de Singapour, a séjourné dans le même chalet du 24 au 28 janvier. Pourtant les gens sont inquiets.

Des touristes inquiets

"On a beaucoup d'appels depuis ce matin", déclare Annick Roger, la directrice de l'office du tourisme. "Il y a déjà eu quelques annulations, les gens paniquent un peu, se demandent où ont pu aller les personnes contaminées, c'est normal..."

Au premier jour des vacances de février, et notamment de la zone des Parisiens, les commerçants comme Pascal Haye, le gérant d'un supermarché, regrettent les conséquences de cette découverte.  Certains touristes ont même rebroussé chemin, avant d'arriver. Au restaurant Les Airelles, priorité au tourisme et à la détente : "Les pauvres, ils arrivent de Paris, et on ne veut pas les affoler avec ça. En plus, les Contamines, le nom du village, vous voyez...", déplore Delphine Wattablet, la propriétaire de l'endroit.

Pas de masques, pour ne pas effrayer

Pourtant, il n'y a pas de cordon sanitaire, même dans le quartier du chalet où elles ont séjourné. Pas non plus de masques sur les visages, si ce n'est de ski.  Eric Paris, le pharmacien du village, a eu "beaucoup de demandes de masques", mais refuse d'en distribuer. "Ça fait 14 jours, la période d'incubation est passée. Si tous les gens se promènent avec des masques, vous imaginez la psychose ?"  explique-t-il. 

"J'ai vu avec les Agences régionales de santé, la mairie, il n'y a aucune consigne. Toutes les personnes qui devaient être extraites des Contamines l'ont été", souligne-t-il, en insistant : "Ce n'est pas parce qu'on a eu une courbature après une journée de ski qu'on a le coronavirus".  

Dans les commerces, des affichettes rappellent les gestes et réflexes à adopter en cas de doute, ainsi qu'un numéro vert spécial Contamines mis en place.

L'école du village, fréquentée par l'enfant britannique de 9 ans contaminé, sera fermée la semaine prochaine pour des dépistages. Un centre de consultation a été mis en place par l'Agence régionale de Santé, pour accueillir les enfants scolarisés dans la même école que le jeune malade, ainsi que les personnes qui ont des doutes. 

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