JR et Bobby se déchirent, Albator a la mèche dans l’œil, Bashung le vertige, la gauche arrive au pouvoir... et pendant ce temps là sur le Tour.

1980 : Allez les jaunes et noirs!

En 1976, l’AS Saint Etienne échoue en finale de la Coupe d’Europe de foot face au Bayern de Munich (ah ces poteaux carrés du stade de Glasgow !).Surfant sur le succès de l’hymne stéphanois « Allez les Verts » du chanteur Jacques Monty, Renault qui a beaucoup investi dans son équipe cycliste tente une OPA sur les hit parades : la Régie réquisitionne un autre chanteur à texte, Laurent Olivier, et lui fait enregistrer «C’est la bande à Guimard, c’est l’équipe d’Hinault (allez les jaunes et noirs !) » (ouf !), en espérant en faire un tube. La chanson n’a semble-t-il pas rencontré son public…Et Hinault, blessé, a été contraint à l’abandon.Quand ça veut pas…

Marche officielle du Tour de France 1983
Marche officielle du Tour de France 1983 © Barclay

1983 : les pinces colombiennes

La mondialisation gagne du terrain, même dans le milieu conservateur du cyclisme. Et pour la première fois, une équipe nationale amateur est invitée sur le Tour, il s’agit de l’équipe colombienne, en principe redoutable dans la haute montagne.Malheureusement pour eux, avant d’aborder les sommets, les Colombiens avaient dû pédaler 10 étapes en plaine. Arrivés aux pieds des Pyrénées, les malheureux n’avaient plus les moyens de s’opposer aux professionnels. En plus, si les ascensions étaient leur domaine, ils descendaient « comme des pinces ».Il faudra attendre 2 ans avant que Luis Herrera remporte le classement de la montagne. Aucun Colombien n’a, à ce jour, triomphé à Paris.

1984 : l'année du losange

Hinault qui a quitté l’équipe Renault mais reste un formidable coureur n’y pourra rien : les jaunes et noirs sont trop forts. Dans leurs rangs, il y a LeMond le champion du Monde, Fignon, le champion de France et vainqueur de l’édition précédente.Une équipe qui ne laissera que des miettes au reste du peloton. Fignon remportera 5 étapes et son second Tour.

### 1985 : à qui le Tour ? Le « Blaireau » est supposé diminué après sa très spectaculaire chute dans le sprint à l’arrivée à Saint Etienne. Pourtant 2 jours plus tard, il porte toujours le maillot jaune et il prévient : il faudra compter avec lui jusqu’à Paris.Ce qui à ce moment de la course pourrait passer pour l’arrogance du Blaireau se transformera en clairvoyance le 21 juillet à l’arrivée de son cinquième Tour victorieux.
### 1988 : le gag de la décennie Comédie, tragédie, le Tour est un théâtre permanent.En 1988, les spectateurs en ont pour leur argent : il y a l’affaire Delgado, le vainqueur espagnol convaincu de dopage, mais autorisé à terminer en jaune parce que le produit qu’il a absorbé interdit par le Comité International Olympique mais encore autorisé pour quelques semaines par l’Union Cycliste Internationale.Et presque aussi drôle, l’arrivée à Guzet-Neige : le Français Philippe Bouvatier va sûrement gagner. Mais à 200 mètres de l’arrivée, induit en erreur par les signes d’un motard, il se trompe de route et voit l’Italien Ghirotto franchir la ligne d’arrivée en vainqueur.
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