Les mesures sanitaires s'assouplissent et parallèlement le trafic aérien et le trafic routier reprennent. Mais on est encore loin des niveaux de mobilité d'avant la crise sanitaire.

Dans quasiment toutes les agglomérations, le niveau d'embouteillages est égal à celui d'une semaine standard de 2019, depuis le début du mois de juin.
Dans quasiment toutes les agglomérations, le niveau d'embouteillages est égal à celui d'une semaine standard de 2019, depuis le début du mois de juin. © AFP / Hans Lucas / Amaury Cornu

La vie d'avant parait loin, après des mois de crise sanitaire. Mais tandis que le déconfinement et la campagne de vaccination se poursuivent, la reprise frémit dans tous les domaines de l'économie et de la vie sociale. Si les données concernant les transports  témoignent d'un regain d'activité en ce mois de juin, la progression reste lente et nous ne retrouvons pas les niveaux des indicateurs de 2019, de la "vie d'avant".

Reprise prudente du trafic aérien

Le trafic aérien mondial reprend lentement avec 1,5 million de sièges supplémentaires par rapport à la semaine dernière, soit une amélioration de 2%, selon les chiffres collectés par OAG, entreprise spécialisée dans la collecte et l'analyse des programmes de vol. Le nombre de sièges proposés par les compagnies atteint désormais 72,4 millions par semaine, soit environ un tiers des niveaux d'avant la pandémie et près de 38 % en dessous de la capacité offerte la même semaine de 2019. Il reste donc du chemin à parcourir, avant que le transport aérien retrouve son rythme de croisière.

L'Europe occidentale est la région qui connait la plus forte croissance, avec plus de 700 000 sièges supplémentaires ajoutés d'une semaine à l'autre. Mais les compagnies aériennes restent prudentes sur la reprise et maintiennent des capacités plutôt basses, puisque la capacité totale dans la région reste 40 % en dessous de ses niveaux de 2019. Ceux-ci ne seront retrouvés au mieux qu'en 2025, prévient l'association professionnelle Airports Council International (ACI) Europe.

Les bouchons sont de retour sur les routes

TomTom, qui fournit en temps réel des infos trafic, a analysé le trafic routier dans huit grandes agglomérations françaises (Bordeaux, Lyon, Montpellier, Rennes, Lille, Marseille, Paris, Toulouse). Selon leurs données, alors que depuis le début de l'année, on était plutôt sur des tendances à la baisse, on constate un niveau d'embouteillages égal par rapport à une semaine standard de 2019, dans quasiment toutes les agglomérations depuis le début du mois de juin. Il est même supérieur de 15 à 20% comme dans certaines villes, comme les agglomérations parisienne et marseillaise.

"On n'avait pas eu le même rebond en juin, ni en décembre 2020, à la sortie des deux précédents confinements", observe Vincent Martinier, responsable communication de TomTom France. Parmi les explications à cette hausse du trafic, il y a le retour progressif des travailleurs dans les bureaux, puisqu'on retrouve des indices de trafic aux heures de pointe qui égalent les valeurs moyennes de 2019.

La fréquentation des transports en commun augmente lentement

A voir si la tendance se confirme en septembre. En tous cas, ce pourrait être le cas en juillet pour les départs en vacances, si l'on en croit l'étude menée par TomTom en mai dernier. Les deux tiers (66%) des Européens interrogés conviennent qu'il est plus sûr de voyager en voiture tant que la crise sanitaire n’est pas tout à fait achevée. De même, les Français vont privilégier leur propre véhicule (voiture, camping-car et/ou moto) qui représenteront 84% des modes de déplacement pour atteindre leur lieu de vacances.

Quant aux transports en commun, sur un panel de grands réseaux dont l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) suit la fréquentation hors Île-de-France, nous sommes à environ 70% de la fréquentation habituelle. C'est aussi le niveau atteint le week-end dans le métro francilien, tandis que le RER reçoit 85% du nombre habituel d'usagers. "En semaine, les deux-tiers du réseau ferré ont récupéré le trafic anté-Covid", a déclaré samedi la PDG de la RATP, Catherine Guillouard sur France Inter.

"Sur le réseau de surface, on est d'ores et déjà en semaine aux trois-quarts du trafic que nous avions normalement avant la pandémie et en week-end on est à 90%", a-t-elle ajouté. Mais à l'avenir le télétravail aura un impact durable, compensé à terme par de nouvelles offres de transports : "Nous avons modélisé à peu près deux jours en moyenne de télétravail pour tout le monde", ce qui pourrait représenter -5 à -7% de fréquentation. 

Thèmes associés