Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche n'est pas sourd aux critiques et aux craintes de discrimination lors de la décision des affectations des futurs étudiants. À l'heure de l'ouverture de la plateforme Parcoursup ce mardi, son responsable, Jérôme Teillard, veut calmer les craintes des candidats.

Le ministère se défend d'un manque de transparence et appelle les futurs étudiants à "oser rêver" sans craindre de discriminations.
Le ministère se défend d'un manque de transparence et appelle les futurs étudiants à "oser rêver" sans craindre de discriminations. © AFP / DENIS CHARLET

"On a pris acte" des recommandations adressées par le Défenseur des droits, répond le responsable de Parcoursup à France Inter. Jérôme Teillard qui défend la plateforme : "le Défenseur des droits reconnaît qu'il n'y a pas de discrimination".

Ces accusations de discrimination, qui émergent de témoignages, s'expliquent pour Jérôme Teillard par un "ressenti important sur des sujets de mobilité et des sujets boursiers qui font craindre de la discrimination" chez les futurs étudiants qui, en raison de ces craintes, s'interdisent certains choix. 

Si Jérôme Teillard promet un examen attentif des recommandations de Jacques Toubon, il met également en avant les actions déjà menées par le ministère de l'Enseignement supérieur pour améliorer la transparence du processus d'attribution des affectations après le bac. "Le ministère a, vis à vis des établissements, systématiquement produit les éléments de manière à rappeler la nécessité de la transparence vis à vis des candidats, de critères généraux d'examens, qui sont rendus publics cette année, ainsi que le droit nouveau, garanti par la loi, d'avoir l'ensemble des critères et des motifs qui ont présidé à une décision."

Révision de la sectorisation géographique, notamment en IDF

Dans un communiqué publié ce lundi, à la veille de l'ouverture de la plateforme, le Défenseur des droits Jacques Toubon a recommandé de rendre public les critères précis à partir desquels les universités sélectionnent les bacheliers et les étudiants parmi ceux qui se réorientent vers leurs formations. Il a également appelé à davantage de mixité sociale dans l'enseignement supérieur.

Le Défenseur des droits avait été saisi du sujet par plusieurs syndicats étudiants et enseignants, ainsi que le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias, et de Stéphane Troussel (PS), le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

Après la récente réforme du bac, la question polémique du lycée d'origine comme critère de sélection est également abordée. Le Défenseur n'a recensé qu'une université parisienne qui a utilisé un "paramétrage fixe valorisant les lycées parisiens", mais "la majorité des établissements universitaires sollicités n'ont pas fourni les éléments demandés concernant les modalités de traitement des candidatures". 

Il se prononce enfin sur les quotas géographiques. Pour améliorer la mobilité des étudiants, la priorité locale accordée aux lycéens sur les formations en tension de leur académie a été remplacée par des taux maximums de candidats hors-académie. Une mesure perçue par les jeunes de banlieue parisienne comme un frein à l'entrée des universités de l'académie de Paris.

En réponse à cette dernière critique, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal va annoncer ce mardi la fin de la "sectorisation" pour les licences proposées en Île-de-France. Par conséquent, précise Jérôme Teillard, un candidat des trois académies de la région pourra postuler à l'ensemble des formations en licence proposées par chacune des trois académies.

Quel calendrier ?

Dès ce mardi 22 janvier et jusqu'au 14 mars prochain, les élèves de terminale et les étudiants qui souhaitent se réorienter à la rentrée vont pouvoir enregistrer leurs vœux d'inscription pour l'accès à l'enseignement supérieur.  Ils ont jusqu'au 14 mars pour le faire.  Le principe reste le même que l'an dernier : 10 vœux non classés et des sous-vœux pour demander la même formation dans plusieurs établissements, 14 000 formations disponibles soit 85% du total. Parmi celles qui intègrent la plateforme cette année, les instituts de formation en soins infirmiers, les instituts du travail social, des écoles de commerce.

La procédure sera plus rapide. Les candidats recevront leurs réponses à partir du 15 mai. Un peu plus tôt que l'an dernier. Et ils auront cinq jours pour accepter les propositions la première semaine puis trois jours à partir du 20 mai. Des délais raccourcis et basés sur la première année d'utilisation de la plateforme : l'an passé, les élèves avaient répondu en moyenne en deux jours et dix heures.

La nouveauté, ce sont aussi des points d'étape : après le bac, et jusqu'au 19 juillet, un élève pourra être accompagné et faire le point sur ses choix s'il n'a validé aucune proposition. 

Un répondeur automatique sera mis en place après le bac également : pour ne pas avoir à se connecter tous les jours, un candidat peut préciser son vœu préféré et sa réponse sera envoyée automatiquement s'il est accepté dans cette formation. 

Dernier changement pour les jeunes qui se retrouvaient en attente derrière des milliers de candidats et qui n'avaient, l'an dernier, aucune visibilité. Cette fois-ci, chaque formation indique le rang du dernier appelé l'an dernier, pour donner une idée des chances d'être pris.

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