Pour la première fois, une étude du Conseil National du Bruit publiée mardi a compilé plusieurs données pour évaluer le coût du bruit au travail, dans les transports ou au domicile

25 millions de Français se plaignent du bruit des transports à leur domicile
25 millions de Français se plaignent du bruit des transports à leur domicile © Maxppp / Olivier Lejeune

Le chiffre est éloquent : plus de 25 millions de personnes sont affectées par le bruit des transports à leur domicile, dont neuf millions à un niveau néfaste pour leur santé. Outre les désagréments que peut représenter une telle nuisance, elle a un coût bien réel : une étude du Conseil National du Bruit (CNB) et de l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) l'estime à 20,6 milliards d'euros par an, rien que pour le bruit des transports. Un chiffre qui prend en compte les conséquences comme le trouble du sommeil, l'accroissement des risques cardiovasculaires, les pertes de valeurs immobilières, etc.

Or, il n'y a pas qu'à notre domicile que nous sommes exposés au bruit : deux tiers des Français s'en plaignent en milieu professionnel, et là encore la facture est salée. L'étude l'estime à 19,6 milliards, en prenant en compte les problèmes de santé qui en découlent, comme la surdité, ou la perte de productivité, qui représente à elle seule la quasi-totalité du montant (18 milliards d'euros).

Serge, par exemple, travaille dans une boulangerie située dans une station du métro parisien : "J'ai des acouphènes, des problèmes de stress et de nervosité. J'aspire souvent à un silence total, c'est d'ailleurs la première chose que je fais en rentrant chez moi : je m'accorde 15 minutes sans un bruit".

Autre nuisance, qui n'avait jusqu'ici jamais été mesurée, celle des bruits de voisinage. Le CNB et l'ADEME l'évaluent à 11,5 milliards d'euros, en ne prenant en compte que les troubles du sommeil et les effets sur la santé, mais sans mesurer les pertes de valeurs immobilières.

Au total, le coût global du bruit est estimé à 57 milliards d'euros par an par les deux organismes à l'origine de l'étude. Pour contrer ce phénomène, ils préconisent des investissements pour rendre les transports moins bruyants, ou renforcer les isolations sonores. La facture serait à terme deux fois moins élevées que le coût du bruit.

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