A quelques jours du 3ème anniversaire de l'attentat contre Charlie Hebdo qui a fait 12 morts, un numéro spécial ce mercredi matin en kiosques.

"Je préfère mourir debout que de vivre à genoux" Charb' 2012.
"Je préfère mourir debout que de vivre à genoux" Charb' 2012. © AFP / JOEL SAGET

Ce titre en Une : "Trois ans dans une boîte de conserve", c'est bien de cela dont il s'agit en pages intérieures de l'hebdo et plus particulièrement dans l’édito du directeur du journal, Riss, intitulé "Liberté d'expression, combien ça coûte?" : de l'enfer de devoir travailler et vivre sous haute protection.

C'est un véritable coup de gueule, celui d'un patron de presse qui n'en peut plus plus de vivre bunkeriser depuis 3 ans. Il raconte par le menu cette protection qui leur pourrit la vie à tous et coûte une fortune. Des équipements lourds qui ont été installés dans le bâtiment où loge Charlie, à la société privée qui se charge de la surveillance des lieux : il y en a chaque année pour 1 million - 1 million et demi d'euros. "entièrement à la charge de l'hebdomadaire" précise-t-il. 

Cette liberté est en train de devenir un produit de luxe

Ajoutez à cela la sécurité de certaines personnes du journal, assurée par le service de protection de la police nationale, donc financée par les impôts que Charlie paye aussi au titre de l'impôts sur les sociétés : "Quel autre média en France doit investir autant d'argent pour lui permettre d'user de cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression" s'agace alors Riss, pour qui cette liberté est en train de devenir un produit de luxe. 

"Jusqu'à quand le journal pourra-t-il supporter une telle charge financière? Nul ne le sait" écrit-il... D'autant que les abonnements qui après les attentats étaient montés 190 000 tournent aujourd'hui autour de 30 000. Mais ça, Riss ne le dit pas.

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