Le nombre d'enfants sous le seuil de pauvreté progresse en France depuis quinze ans et s'accentue encore plus pour les familles monoparentales.

Les enfants issus de familles monoparentales sont plus nombreux à être confrontés à la pauvreté que ceux dont les deux parents travaillent.
Les enfants issus de familles monoparentales sont plus nombreux à être confrontés à la pauvreté que ceux dont les deux parents travaillent. © AFP / Loic Venance

Les familles monoparentales sont davantage exposées à la pauvreté, a rappelé l'association K d'urgence mardi lors d'un point presse.

Pendant cette conférence, où l'association présentait la prochaine édition de la Journée des familles monoparentales à Paris, en juin prochain, en compagnie de la Caf et d'Olivier Noblecourt, le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, K d'urgence a alerté sur la monoparentalité comme "l'un des premiers facteurs de pauvreté".

Confrontés à des difficultés d'organisation et à une baisse conséquente de leur niveau de vie, les familles monoparentales (une mère avec ses enfants, dans 82 % des cas) s'en sortent moins bien.

En quinze ans, le nombre d'enfants de moins de 18 ans vivant sous le seuil de pauvreté (1015 euros) est passé de 16 à 20 %, soit trois millions d'enfants pauvres. 

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Le reportage de Soisic Pellet avec le Secours populaire

Par Soisic Pellet

Taux en croissance

Une situation à laquelle sont davantage confrontés les enfants vivant dans une famille monoparentale. Selon les chiffres de l'Insee, issus du recensement de 2015, 34,9 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, contre 11,8 % pour les familles avec deux parents.

Cette situation a tendance à empirer. En 2008, 17,3 % des enfants vivaient sous le seuil de pauvreté, dont 37,8 % vivant dans des familles monoparentales. En 2015, ces taux grimpent respectivement à 19,9 % et 39,3 %.

Se focalisant sur Paris, où a lieu la sixième Journée des familles monoparentales, K d'urgence relève une situation plus favorable que sur l'ensemble du territoire (22,4 % des familles monoparentales concernées), mais avec des fortes disparités entre les quartiers du nord-est parisien et les quartiers le long de la petite ceinture, à la périphérie, qui concentrent une grande partie du parc locatif social parisien, et l'ouest parisien et la rive gauche, où ces familles monoparentales sont plutôt cadres ou professions libérales.