En place depuis près de dix jours dans 16 départements, les restrictions renforcées annoncées le 18 mars par Jean Castex restreignent en partie les déplacements. D'après les données de mobilités d'Apple et Waze que nous avons compilées, leur baisse est bien moins impressionnante qu'en novembre ou en mars 2020.

Selon nos calculs, les déplacements ont baissé de 8 à 10% dans les Hauts-de-France et en Île-de-France entre la première semaine des mesures renforcées et la semaine précédente.
Selon nos calculs, les déplacements ont baissé de 8 à 10% dans les Hauts-de-France et en Île-de-France entre la première semaine des mesures renforcées et la semaine précédente. © AFP / Hans Lucas / Xosé Bouzas

C'est un pari qu'a fait Emmanuel Macron. Celui de ne pas confiner strictement, de garder les écoles ouvertes. En faisant ce choix, le chef de l'État marche sur un fil et doit faire avec les diverses alertes médicales, dont le nombre de malades actuellement hospitalisés en soins critiques (4 872 personnes) qui frôle le pic de la deuxième vague de l'automne. Le confinement dur, lui, reste envisageable, mais seulement en "ultime recours", répète le gouvernement. Ainsi, depuis le vendredi 19 mars, 16 départements sont donc concernés par des restrictions renforcées, rejoints, entre temps, par l'Aube, la Nièvre et le Rhône

Toute la stratégie du gouvernement repose sur l'efficacité de ces mesures "de freinage", dont la limitation des déplacements. Dans ces départements, ils sont restreints et même interdits, au-delà d'un rayon de 10 kilomètres autour du domicile. Dans les faits, leur nombre a bien baissé la semaine passée, mais beaucoup moins que lors des deux précédents confinements, selon les données de mobilité fournies par les applications Apple Plan et Waze. 

Environ 8 à 10% de déplacements en moins

Les rapports d'Apple, déjà exploités ici (pour le premier confinement) et (pour le deuxième), représentent, par rapport à une base 100%, fixée au 13 janvier, date de référence, le nombre de requêtes pour des déplacements dans l'application de navigation. Ces deux courbes, qui montrent les comportements en Île-de-France et dans les Hauts-de-France permettent d'observer les fortes chutes des déplacements des deux premiers confinements : à partir du 17 mars et fin octobre.  

À l'automne, la baisse avait été moins brutale qu'en mars. Elle l'est encore moins cette fois-ci. Selon nos calculs, les déplacements ont baissé de 8 à 10% dans les Hauts-de-France et en Île-de-France entre la première semaine des mesures renforcées et la semaine précédente. À la même échelle, pour le deuxième confinement, cette chute avait été de -40% en une semaine et au-delà de -70% pour le premier.   

Dans les grandes villes, pas de bouleversements

Dans les trois grandes villes concernées par les restrictions actuellement mises en place, on ne constate, là non plus, pas de grand bouleversement. Si l'on observe, comme depuis le premier confinement, un taux de déplacement globalement moins haut à Paris et dans la région Île-de-France qu'ailleurs, les mouvements de courbes sont sensiblement identiques, ces derniers jours, qu'on soit dans le Nord, sur la Côte d'Azur ou dans la capitale. 

Actuellement, à Lille ou à Nice, il y a toujours plus de 100% des déplacements d'ordinaires constatés, soit un trafic relativement normal pour l'application Apple. Comme à Paris, le niveau actuel des mouvements est au dessus de ce que l'on pouvait observer lors du deuxième confinement. Pour Paris, il y a actuellement 40% de déplacements en moins dans la capitale, contre 60 à 70% de déplacements en moins fin novembre

À noter, sur ce graphique, la ville de Nice qui enregistre un pic estival, sans doute lié au trafic traditionnellement important autour du 15 août. Un creux est observable au même moment à Lille et Paris avant une forte reprise du trafic début septembre.