Dans la revue The Lancet, un groupe d'experts internationaux, dont des membres de l'Organisation mondiale de la santé, préconisent de protéger l'ensemble des personnes non-vaccinées plutôt que d'utiliser des vaccins pour une troisième dose.

Une troisième dose, peut-être, mais pas pour tous.
Une troisième dose, peut-être, mais pas pour tous. © AFP / MATTHIAS BALK

C'est un débat qui anime les dirigeants d'une partie du monde où les populations sont fortement vaccinées : faut-il se lancer dans une campagne d'injection d'une troisième dose afin de booster une immunité diminuée par le temps ? À cette question, une équipe d'experts internationaux, dont des membres de l'Organisation mondiale de la santé ou encore de la FDA, l'agence américain du médicament, appelle à la prudence et à la raison car "les données actuelles ne montrent pas le besoin d'un rappel de vaccin chez la population générale, chez qui l'efficacité contre les formes graves de la maladie reste élevée", et ce même face au variant Delta. 

Utile pour les personnes à risque

En France, Emmanuel Macron, souhaitant prévenir une baisse de l'efficacité des premières doses administrées, a ouvert le 1er septembre la possibilité d'obtenir une dose de rappel aux personnes de plus de 80 ans et à très haut risque. D'autres pays comme Israël, font déjà le choix de permettre aux plus de 12 ans de bénéficier d'une troisième dose seulement cinq mois après la dernière. 

Selon les experts, en l'état actuel des données, une dose de "booster" pourrait seulement être appropriée dans le cas d'individus peu réceptifs aux vaccins, pour qui "le vaccin en une dose ou deux doses n'a pas apporté une protection optimale", comme les personnes immunodéprimées.

Protéger les non-vaccinés d'abord

Partant de ce constat, les scientifiques estiment qu'il serait plus approprié de diriger ces doses de vaccins vers les populations qui n'y ont pas encore eu accès. Le bénéfice dans la lutte contre la pandémie serait bien plus grand : "Ces vaccins, qui sont en quantité limitée, sauveront le plus de vies s'ils sont fournis aux personnes qui ont un risque important d'être atteints par une forme grave et n'ont pas encore été vaccinées", écrivent-ils.