Une troisième dose de vaccin sera-t-elle nécessaire ? Peut-on faire une injection sur son lieu d'habitation et l'autre en vacances ? Peut-on changer de vaccin d'une dose à l'autre ? Que faire des vaccins périmés ? Quid de la vaccination des enfants de 12 à 18 ans ?

Depuis le 31 mai 2021, toute personne de 18 ans et plus peut désormais prendre rendez-vous pour une première injection
Depuis le 31 mai 2021, toute personne de 18 ans et plus peut désormais prendre rendez-vous pour une première injection © AFP / Bertrand Guay

25 millions d'adultes ont reçu au moins une dose de vaccin ; 28 millions d'autres peuvent désormais s'inscrire sur les listes d'attente et dans les centres. Nouvelle phase de l'étape de la phase de vaccination : depuis le 31 mai, tous les adultes sont éligibles au vaccin. Autre nouveauté, un produit de plus en pharmacie : Moderna rejoint Janssen et AstraZeneca.

Elisabeth Bouvet, infectiologue et présidente de la Commission des vaccinations à la Haute Autorité de Santé, et Bernard Champanet, pharmacien et responsable d'un centre de vaccination, nous apportent leur éclairage sur le sujet, au micro de Bruno Duvic dans le "13/14".

Quid des personnes prioritaires qui ne sont toujours pas vaccinées ?

Tous les adultes sont désormais éligibles aux vaccins, sachant que 25% des plus de 80 ans n'ont pas encore été vaccinés - pas même une dose. Il y a un déficit aussi chez les personnes qui souffrent d'obésité ou de maladies à risques. Comment faire pour vacciner aussi ces gens-là ?

"Une première réponse, c'est que le vaccin Moderna arrive en pharmacie" estime Elisabeth Bouvet. "Il y a beaucoup de vaccins qui sont faits actuellement dans les centres, mais c'est vrai que pour certaines personnes qui bougent peu, pour lesquelles c'est compliqué de s'inscrire, [il y a certainement un problème d'accès]. La disponibilité de nouvelles doses de vaccins en pharmacie, avec aussi un vaccin plus facile à manipuler, ça va certainement aider à les vacciner.

Je pense aussi qu'il y a besoin (et c'est en train de se monter) d'équipes mobiles qui peuvent aller aux domiciles des personnes ou dans des foyers - là où résident les personnes les plus à risques". 

Est-ce qu'il faut encore établir des priorités entre des adultes en bonne santé et d'autres plus fragiles ? Plus maintenant, juge Elisabeth Bouvet : "Actuellement, vu le nombre de doses de vaccin qui sont disponibles, on est en train de quitter la phase de priorisation qu'on avait élaborée à la Haute Autorité de Santé. Malheureusement, il y a encore des petites lacunes ; il y a des groupes qui n'ont pas été suffisamment vaccinés. Néanmoins, ce n'est pas une raison pour ne pas élargir à tout le monde puisque maintenant, nous avons les doses suffisantes pour vacciner la population adulte d'ici à l'été".

Une troisième dose de vaccin sera-t-elle nécessaire ?

Elisabeth Bouvet : "C'est une question pour laquelle, pour l'instant, je n'ai pas de réponse complète. Il est possible, et même probable mais pour l'instant ce n'est pas complètement acté, qu'il faudra faire une une troisième dose, probablement à l'automne.

Pour l'instant, on a besoin de savoir comment évolue la protection chez des gens vaccinés, combien de temps ça dure. On n'a pas beaucoup de recul, donc il faut qu'on regarde ça. On le saura au fur et à mesure. Il faut qu'on voit comment évolue l'épidémie, comment évoluent les variants et l'action des vaccins disponibles vis-à-vis de ces variants. 

Donc, pour les personnes qui ont fait le covid, s'il n'y a pas de grosse évolution du virus, je ne pense pas du tout qu'il y ait besoin de faire un autre rappel de vaccin. En revanche, pour les personnes à risques qui ont été vaccinées les premières, il est possible qu'on propose une vaccination de rappel à l'automne".

Peut-on faire une première injection près de son domicile et la deuxième sur son lieu de vacances ?

Bernard Champanet : "C'est certain que c'est compliqué parce que nous avons des plannings qui sont établis longtemps à l'avance. Nous avons ces demandes permanentes de gens de passage, qui font la queue pour voir s'il reste une dose. On la leur fait, et après ils vont ailleurs. Donc si vous voulez ça, ça nous pose des problèmes. On souhaite faire la première et la deuxième vaccination dans le même lieu". 

Peut-on changer de vaccin d'une dose à l'autre ?

Peut-on avoir, par exemple, une première dose de vaccin AstraZeneca et une deuxième dose Pfizer ? "Ça dépend de l'âge que vous avez" répond Elisabeth Bouvet. Avec la HAS, "on a émis des recommandations de ne pas faire la deuxième injection pour les moins de 55 ans avec AstraZeneca. Si vous avez plus de 55 ans, normalement, on peut faire la deuxième dose avec un vaccin Astra. Après, c'est une discussion que vous pouvez avoir avec votre médecin, qui peut éventuellement vous prescrire un vaccin ARN. Il n'y a pas d'obligation, tout ça se fait avec le consentement de la personne".

Est-il vraiment nécessaire de vacciner les plus jeunes (12 à 18 ans) ?

"La première indication pour vacciner les enfants de plus de 12 ans, c'est de vacciner des enfants à risques" estime Elisabeth Bouvet. "Il y a des enfants qui ont entre 12 et 15 ans et qui ont des maladies qui leur confèrent un risque particulier ; ceux-là pourront être rapidement vaccinés.

De la même manière, on a fait des recommandations de vacciner l'entourage des personnes immunodéprimées qui répondent mal à la vaccination, pour qu'ils ne risquent pas d'être contaminés par leurs proches. On pourra vacciner les enfants de plus de 12 ans pour l'entourage des personnes immunodéprimées. 

Pour ce qui est de la vaccination généralisée des adolescents, l'idée est d'avoir une immunité de groupe, d'augmenter la couverture vaccinale globale pour limiter l'épidémie". Au moment où Elisabeth Bouvet s'exprimait sur notre antenne, la discussion était encore en cours mais elle vient d'être tranchée : Emmanuel Macron vient d'annoncer l'ouverture de la vaccination aux 12 / 18 ans dès le 15 juin

Que faire des doses de vaccin périmées ?

Bernard Champanet : "Il faudra les éliminer comme on élimine les médicaments normaux périmés. Ça sera désolant, ça fait mal au cœur d'éliminer des produits qui sont efficaces et qui n'ont pas la confiance des patients".

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