A cause de la pollution, quatrième journée consécutive de circulation alternée à Paris ce vendredi. L’État compte sur le civisme des automobilistes.

Vue de la Tour Eiffel pendant le pic de pollution hivernal, 4 décembre 2016.
Vue de la Tour Eiffel pendant le pic de pollution hivernal, 4 décembre 2016. © AFP / PHILIPPE LOPEZ / AFP

Au quatrième jour du dispositif, l’État a l'espoir, pour réduire les effets de ce pic de pollution hivernal jamais enregistré depuis dix ans, que les automobilistes feront preuve de davantage de civisme à l’égard de cette mesure souvent critiquée, notamment à cause de son coût quotidien (4,5 millions d'euros par jour).

Jeudi, dans la capitale et 22 communes de la petite couronne, les véhicules dont le numéro sur la plaque d'immatriculation est pair pourront circuler, ainsi que ceux qui font du covoiturage ou bénéficient d'une des nombreuses dérogations (taxis ou véhicules de secours par exemple).

Pollution élevée ce jeudi en région parisienne
Pollution élevée ce jeudi en région parisienne © Visactu / Visactu

Appel au civisme

Alors que l'efficacité de la circulation alternée est contestée, le secrétaire général de la zone de défense et de sécurité de Paris, Marc Meunier, a fait appel mercredi au "civisme" des Franciliens, qu'il a qualifié d'"arme la plus efficace" contre la pollution. Selon lui, le dispositif peut conduire à "un allègement de la circulation de 30 à 40%" et à une réduction "d'autant" de la part du trafic dans l'émission de substances polluantes. Mardi, au premier jour de circulation alternée, le trafic n'avait été réduit que de de 5 à 10% par rapport à une journée habituelle" et son impact a été faible sur la pollution, selon Airparif. Mercredi, la mesure a été "plutôt bien appliquée", a affirmé Marc Meunier. Pourtant, pour certains franciliens, les déplacements ne s'organisent pas toujours facilement.

►►►ÉCOUTER | Le reportage de Mathilde Dehimi, qui a suivi hier un commercial d'une grande société informatique de Saint-Ouen :

Mesures gouvernementales

Ségolène Royal annonce ce jeudi que plusieurs mesures en faveur des transports propres seront présentées samedi au Conseil des ministres, en raison de cet épisode de pollution qui touche la France. La ministre de l'Environnement veut que "les élus et les préfets puissent rendre obligatoires les certificats de qualité de l'air (vignettes de couleurs, ndlr) dans les zones à pics de pollution réguliers", que le bonus pour l'achat d'un véhicule électrique accordé aux particuliers soit étendu aux véhicules utilitaires et que le crédit d'impôt pour l'installation de bornes de recharge électrique pour les particuliers soit augmenté.

Les pics de pollution, comme celui que connaît une bonne partie de la France, "montrent que des règles beaucoup plus robustes sont indispensables" et constituent "une bonne opportunité" pour les adopter, a estimé Mme Royal. "Comme les gens sont plus sensibilisés, l'acceptation de mesures de contrainte est meilleure", a-t-elle ajouté.

Plusieurs régions touchées

Une grande partie de la France souffre depuis plusieurs jours de cet épisode de pollution aux particules, ces poussières en suspension qui noircissent les façades et provoquent affections respiratoires et cancers. Outre les régions parisienne et lyonnaise, Grenoble, Rouen, Dunkerque, Calais, Lille, Amiens, les zones urbaines des pays de Savoie, les Hautes-Pyrénées, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne ainsi que l'Aveyron, autour de la ville de Rodez, sont concernés.

La circulation alternée sera aussi donc mis en place, pour la première fois, à Lyon et à Villeurbanne, à partir de vendredi, tandis les vitesses maximales autorisées sont abaissées dans les cinq départements de la région Hauts-de-France (depuis mercredi à 18H00 et jusqu'à vendredi 06H00). L'épisode de pollution pourrait se maintenir jusqu'en fin de semaine, en raison de l'anticyclone installé sur une partie de l'Europe.

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Circulation alternée à Lyon et Villeurbanne ce jeudi
Circulation alternée à Lyon et Villeurbanne ce jeudi © Visactu / Visactu

Le chauffage au bois et le trafic en cause

Le pic de pollution que subissent Paris et sa région depuis une semaine est le plus intense et le plus long depuis au moins dix ans, selon Airparif, l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air dans la région. Il est dû à une recrudescence d'émissions de particules, liées surtout au chauffage au bois et au trafic, conjuguée à la prolongation de conditions météo favorables à leur maintien près du sol, explique-t-il.

La pollution de l'air est à l'origine de 42.000 décès prématurés en France, selon l'OMS, et lui coûte plus de 100 milliards d'euros par an, selon un rapport sénatorial.

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