Le 18 mai est la Journée européenne de lutte contre l'obésité. L'occasion de rappeler que même si les chiffres sont stables, il y a encore en France trop d'enfants en surpoids ou obèses.

Journée européenne de l'obésité ce 18 mai 2018
Journée européenne de l'obésité ce 18 mai 2018 © Maxppp / JEAN LOUIS PRADELS

En France, 17 à 18% des moins de 18 ans sont en surpoids, dont 3 à 4% d'obèses.

Il existe des prédispositions, mais c'est aussi un fléau comportemental : une alimentation trop riche et surtout, trop de sédentarité.

D'après un sondage effectué par les pédiatres auprès des parents, 40% d'entre eux n'envisagent pas systématiquement de sortie le week-end pour qu'ils se dégourdissent les jambes. 

Dans les années 60, on ne comptait que 3% d'enfants en surpoids en France. Ce chiffre a commencé à dépasser les 15% dans les années  2000. Depuis quelques temps, il est stable, mais le surpoids reste sur-représenté dans les milieux modestes. 

L'âge-clé pour évaluer le risque d'obésité chez un enfant, c'est à trois ans. Si la courbe de corpulence s'envole à cet âge là, il y a danger. Identifié tôt et pris en charge précocement, ce risque est fortement diminué.

Il ne faut pas mettre un enfant au régime strict car ça ne marche pas. Le plus important est le dosage. 

Le docteur Véronique Nègre préside l'association pour la prise en charge de l'obésité en pédiatrie : 

Lorsqu'on interdit des aliments à un enfant, on rend ces aliments plus attrayants

Et bien sûr faire de l'exercice est essentiel, ne serait-ce que prendre tout simplement l'habitude de marcher, même pour les tout petits en évitant au maximum la poussette. 

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Le surpoids et l'obésité infantiles restent importants en France

Par Véronique Julia

Disparités sociales

Les enfants de cadres ont plus de risque d'être de gros bébés, mais les enfants d'ouvriers sont plus souvent en surpoids dès l'âge de six ans, selon une étude du ministère de la Santé. 

Les données recueillies auprès de près de 20 000 enfants surtout nés en 2007 mettent en évidence une relation entre poids de naissance et classe sociale.

Chez les cadres, 8% des bébés pèsent plus de 4 kg et 5,5% moins de 2,5 kg. 

Chez les ouvriers, ils sont seulement 5,7% à dépasser 4 kg, contre 8,7% en-dessous de 2,5 kg.  

Selon l'auteure de l'étude, Muriel Moisy, c'est le suivi médical insuffisant, un emploi éprouvant, un faible niveau d'études, une consommation d'alcool et de tabac sont les principales causes de ces différences qui font que les bébés issus de milieu ouvrier sont en sous-poids à la naissance. 

Mais à six ans, la relation entre poids et classe sociale s'inverse. Chez les enfants de cadres, 1,3% souffrent d'obésité et 5,9% de surpoids. Chez les ouvriers, ils sont respectivement 5,8% et 9,8%.  

Les habitudes de vie favorisant le surpoids sont plus répandues chez les ouvriers, justifie l'auteure, citant l'absence ou l'irrégularité du petit déjeuner et le temps passé devant un écran. Mais elle précise que ce ne sont pas les seuls facteurs.  

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