Des réfugiés syriens arrivant sur une île grecque
Des réfugiés syriens arrivant sur une île grecque © MaxPPP

Les dirigeants européens reçoivent dimanche après-midi à Bruxelles le Premier ministre turc, pour que son pays s'engage à endiguer le flux de migrants qui déstabilise l'Europe. En échange : des contreparties financières et politiques.

En quatre ans et demi, la guerre en Syrie a fait plus de 250.000 morts et près de 12 millions de déplacés et réfugiés. La Turquie, qui en accueille déjà plus de 2,2 millions sur son sol, "ne doit pas porter seule le problème migratoire ", a lancé le chef du gouvernement turc, Ahmet Davutoglu, en quittant Ankara dimanche pour Bruxelles.

3 milliards d’euros d’aides

Le sommet entre les 28 pays membres de l'UE et la Turquie devrait confirmer les trois milliards d'euros que les Européens sont prêts à verser pour aider Ankara à accueillir les réfugiés syriens. Et pour éviter qu'ils ne cherchent à rejoindre l'Europe, dont l'unité vacille sous la pression migratoire.

Les Européens ne devraient pas trancher dimanche la question de la provenance des fonds. La Commission propose d'apporter 500 millions et demande aux Etats membres de verser le reste. Ils ne sont "globalement pas d'accord ", prévient une source diplomatique.

Frontières imperméables

Outre la question des réfugiés, l'UE veut obtenir l'engagement que la Turquie rendra ses frontières européennes plus imperméables aux migrants économiques irréguliers, alors que plus de 700.000 migrants au total ont emprunté depuis janvier cette porte d'entrée vers l'Europe, rejoignant la Grèce par la mer.

Les Européens sont encore plus pressants depuis la révélation que certains kamikazes des attentats de Paris ont emprunté cet itinéraire. Et l'avion russe abattu par la Turquie sur sa frontière syrienne rend le contexte de ces tractations encore plus délicat.

Les attentes turques

Les Turcs sont de leur côté décidés à récolter des fruits politiques, s'ils acceptent comme prévu d'activer le plan d'action commun négocié ces dernières semaines avec la Commission européenne.

La rencontre de dimanche doit être orchestrée par le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui l'a convoquée malgré la menace terroriste qui continue de planer sur Bruxelles.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a salué dimanche un "jour historique " dans le projet d'adhésion de son pays à l'Union européenne.

C'est un jour vraiment historique pour ré-insuffler de l'énergie dans notre processus d'accession ainsi que pour discuter des tensions, des derniers développements en Europe et autour de l'Europe. Je suis reconnaissant envers tous les dirigeants européens pour ce nouveau départ. (Ahmet Davutoglu)

Promesses et inquiétudes

Le sommet devrait déboucher dans la soirée sur la promesse d'accélérer les négociations en cours pour faciliter la délivrance de visas européens aux citoyens turcs. Et de "redynamiser " les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, au point mort.

Pourtant, l'UE a récemment fustigé "les graves reculs " de la liberté d'expression en Turquie, et juge "inquiétante " la situation de deux journalistes turcs, inculpés et écroués pour un article sur de possibles livraisons d'armes par les services secrets turcs à des islamistes en Syrie.

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