Les grandes centrales syndicales défileront ce lundi pour appeler à faire barrage à Marine Le Pen. Mais certaines sections défileront à part, pour "battre les deux candidats".

Le 1er mai 2002, tous les syndicats avaient défilé sous les mêmes banderoles
Le 1er mai 2002, tous les syndicats avaient défilé sous les mêmes banderoles © AFP / Raymond Roig

Elle est loin, l'union syndicale qui avait rassemblé 1,3 million de personnes le 1er mai 2002 pour appeler à voter contre Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Ce lundi, à l'occasion des traditionnels défilés syndicaux du 1er mai, il n'y a pas un mot d'ordre unique. Ni deux, d'ailleurs : les syndicats, divisés jusqu'en interne, défilent sous trois mots d'ordre différents.

CGT et CFDT ne défileront pas ensemble

D'un côté, deux syndicats ont clairement appelé à voter Emmanuel Macron : la CFDT et l'Unsa. Elles participeront, aux côtés de l'organisation étudiante FAGE, à un rassemblement dans le 19e arrondissement de Paris en fin de matinée, avec un objectif : "Rejeter la vision réactionnaire et identitaire du Front national".

De l'autre côté, la CGT, FSU et Solidaires ont demandé à leurs sympathisants de faire barrage à Marine Le Pen... sans pour autant appeler à voter Emmanuel Macron. Ces trois syndicats, ainsi que Force Ouvrière (qui ne donne jamais de consigne de vote) se retrouveront en début d'après-midi pour un défilé de la place de la République à celle de la Nation.

Le même clivage que pour la loi Travail ?

"Le message pour la CGT, c'est évidemment contre l'extrême droite - pas une voix pour le Front national - et en même temps pour le progrès social", explique Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Mais pour Véronique Desacq, la numéro deux de la CFDT, c'est la CGT qui est en cause dans cette désunion : "C'est pas la CFDT qui refuse de défiler avec la CGT le 1er mai, c'est la CGT qui refuse la CFDT dans le cortège. La CGT voulait défiler avec Force ouvrière, c'est ça la vérité", a-t-elle déclaré.

"Les temps ont changé, il y a une frange de citoyens, de politiques et de syndicalistes qui n'arrivent plus à accepter n'importe quelle alternative au FN", souligne l'historien Stéphane Sirot. Pour lui , cette division s'inscrit dans la continuité de celle survenue au moment du débat sur la loi travail, entre "réformistes" et "contestataires".

Un "Front social"

Mais ce lundi, la division va encore plus loin : au sein même des centrales syndicales que sont la CGT, SUD et FSU, des sections et organisations, réunies sous la bannière du "Front social", défileront sous des banderoles différentes, sur lesquelles on pourra lire "Peste ou choléra, Front social, c'est dans la rue que ça se gagne".

Car ces quelque 70 organisations (dont la CGT Goodyear, la CGT Info-Com, Sud PTT, le NPA ou Droit au Logement), considèrent "qu'il faut battre les deux syndicats : nous sommes contre le fascisme et contre la finance", selon Romain Altmann, secrétaire général de la CGT Info Com'. Ce collectif a d'ores et déjà prévu un rassemblement le lendemain du deuxième tour, le 8 mai prochain place de la République, pour protester contre "la régression sociale élue".

Manifestations du 1er mai à Paris
Manifestations du 1er mai à Paris © Visactu
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