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Le gouvernement doit ouvrir au début de l'année prochaine un centre de déradicalisation. Un centre pour accueillir des jeunes radicalisés et volontaires.

Après les attentats de janvier à Paris, le gouvernement avait fait une annonce : l’ouverture d’un centre national de déradicalisation. Le projet pédagogique est prêt mais le lieu d’accueil n’est pas encore décidé. Il le sera "d’ici la fin de l’année ", assure le Premier Ministre, Manuel Valls.

Le principe du volontariat

Le centre pourra accueillir une trentaine de jeunes et sera piloté par le Comité interministériel de prévention contre la délinquance (CIPD). Il est destiné à des jeunes de retour des zones de conflit, notamment des femmes, contre lesquels on n’a rien de solide judiciairement et qui sont des repentis attestés et traumatisés.

Ceux qui ne sont pas encore partis en Syrie mais qui sont endoctrinés pourront également être accueillis. Une seule condition : être volontaire.

Dix mois de prise en charge

Les jeunes pourront être pris en charge pendant dix mois. Le programme de déradicalisation se déroule en quatre phases :

  • Une "mise en condition" de douze semaines suivie d’une "coupure" de deux semaines au cours de laquelle le jeune retrouvera sa famille
  • Une phase de "consolidation" d’à nouveau douze semaines
  • Une période d’"insertion professionnelle et/ou sociale"
  • Huit semaines consacrées à une "synthèse en vue de la sortie"

L’approche consiste en un suivi individualisé et pluridisciplinaire ayant pour élément central la prise en charge psychologique, à laquelle s’ajoutent des modules de citoyenneté, d’insertion sociale… (le psychanalyste Fethi Benslama, qui pilote la partie psychologique)

Le projet de déradicalisation s’articule également autour de trois rencontres par semaine minimum avec un psychologue ou un psychiatre.

L’importance de la réinsertion

Pour beaucoup de spécialistes, le terme de "déradicalisation" cache le problème majeur : le besoin de réinsertion et de réhabilitation de ces jeunes embrigadés. L’enjeu affiché du dispositif est bien une "réinsertion républicaine".

Trois modules sont prévus :

  • insertion professionnelle (10 heures par semaine, des enseignants et des conseillers d’orientation)
  • réengagement citoyen (4 heures par semaine)
  • distanciation (3 heures par semaine)

Quelle place pour la religion ?

La religion est la grande absente du programme. Si les jeunes le souhaitent, des interlocuteurs référents pourraient les rencontrer à l’extérieur de la structure mais les encadrants ne veulent pas entrer dans une confrontation religieuse avec les jeunes.

Un autre centre pour des jeunes sous contrôle judiciaire

En revanche, il est hors de question que les jihadistes français de retour de Syrie et d'Irak aillent dans ces structures. "Leur place est en prison. Un centre de déradicalisation ne peut pas être une alternative à l'enfermement carcéral ", a déclaré Manuel Valls.

Parmi ceux qui sont revenus de Syrie, 135 jeunes ont été placés en détention et 97 sous contrôle judiciaire, selon des chiffres récents de la Chancellerie.

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