L'association "Entendre la France" a organisé pendant deux mois une vaste consultation via l'application Messenger de Facebook. Elle présente ce jeudi à l'Assemblée nationale la synthèse des 356 000 contributions.

Page Facebook de l'association "Entendre la France"
Page Facebook de l'association "Entendre la France" © Radio France / Olivier Bénis

L'idée est née en décembre 2018, au moment au le gouvernement lançait son Grand débat national. Trois jeunes entrepreneurs ont voulu rendre la consultation accessible à tous et la moins contraignante possible. Ils ont ainsi créé, avec leur association "Entendre la France", un chatbot, c'est-à-dire un logiciel de conversation virtuelle, programmé pour poser des questions. L'exercice dure quelques minutes : 36 questions sous forme de QCM et 14 questions à réponse libre. 

Des participants jeunes en très grande majorité

La consultation a eu lieu entre le 17 janvier et le 17 mars sur la messagerie instantanée de Facebook. Près de 17 000 participants ont fourni 356 000 réponses. 

Profil des participants au chatbot "Entendre la France"
Profil des participants au chatbot "Entendre la France" © Radio France / Delphine Evenou

Les participants ont en moyenne 29 ans. 63 % ont moins de 25 ans. Une cible qui intéresse les politiques : les fondateurs ont été reçus par les secrétaires d'État Mounir Mahjoubi et Gabriel Attal, les députés Paula Forteza, Dominique David et Valérie Petit. La mairie de Paris a invité les habitants de la capitale à utiliser le chatbot comme canal officiel pour contribuer au grand débat. 

La transition écologique comme priorité nationale

Les conclusions qui ressortent de consultation 2.0 sont finalement assez classiques. Les participants réclament une simplification de l'organisation de l'État, plus de transparence et une démocratie plus participative. 73 % pensent qu’il y a trop d’échelons administratifs et 85 % considèrent que le fonctionnement et la formation de l’administration sont à revoir. 76 % sont en faveur de la réduction du nombre de parlementaires. Environ quatre répondants sur cinq sont favorables à la tenue de référendums, locaux ou nationaux. 

Il ressort également des contributions la volonté de faire de la transition écologique la priorité nationale. Beaucoup sont optimistes quant à leur capacité à contribuer à la protection de l’environnement mais attendent aussi de l’État qu’il les aide dans cette transition au quotidien, notamment par des aides financières. Parmi les solutions qui reviennent souvent apparaît aussi celle de l'application du principe “pollueur payeur” (22 % des contributions libres sur le thème).

Les participants attendent enfin de l'État qu'il garantisse une justice sociale et plus de solidarité. La lutte contre la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales est soutenue dans 26 % des contributions libres, pour rendre la fiscalité plus juste. Les répondants dénoncent également l’injustice sociale que représente l’accès inégal aux services publics de santé dans certains territoires.

Toutes les réponses sont en open data sur le site de l'association Entendre la France

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