Le ministre de la Justice a annoncé mercredi la création d'un "Conseil scientifique de lutte contre la radicalisation violente". Une douzaine de chercheurs vont y participer.

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas
Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas © Maxppp / Aurelien Morissard

Comment lutter contre la radicalisation violente ? Cette question est au coeur du plan de lutte contre le terrorisme du gouvernement. Déjà lancés, le numéro vert et la plateforme "stop djihadisme", notamment pour aider et orienter les familles ; des programmes de prise en charge des détenus radicalisés. Et bientôt un premier centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté qui ouvrira ses portes fin septembre en Indre-et-Loire.

Une douzaine de chercheurs pour réfléchir sur la radicalisation

Pour compléter ce dispositif. Le ministre de la Justice souhaite s'entourer d'un Conseil scientifique : une douzaine de chercheurs, de toutes disciplines, sont conviés à réfléchir autour de ces questions. Jean-Jacques Urvoas a installé officiellement mercredi le "Conseil scientifique de lutte contre la radicalisation violente". Car dans ce domaine encore neuf, toutes les idées sont bonnes à prendre.

On est loin des déclarations de Manuel Valls après les attentats de novembre, pour qui "expliquer" ce qui s'était passé, c'était déjà "vouloir un peu excuser". La petite phrase avait fait bondir les chercheurs en sciences sociales. Changement de ton donc avec Jean-Jacques Urvoas, qui affirme avoir besoin des universitaires pour appréhender l'ensemble du phénomène de la radicalisation violente.

Experts et nouveaux venus

Concrètement, une douzaine de chercheurs, venus de la sociologie, la psychologie, le droit, la philosophie, ou encore les sciences cognitives, sont invités à phosphorer ensemble autour de la question, à raison d'une séance par mois. Certains travaillent déjà sur la radicalisation, notamment en prison. D'autres sont totalement novices sur la question.

Ce qu'espère le ministère, c'est créer une émulation, un bouillonnement où tous les questionnements, toutes les pistes pourront être explorés. Les chercheurs sont invités à plancher sur des thèmes, à commencer par le premier, définir ce qu'est la radicalisation. Il leur sera aussi demandé d'évaluer les dispositifs déjà lancés.

Liberté de parole

Ils chercheront à savoir, par exemple, ce qu'un spécialiste du cerveau pense de l'utilité d'apprendre la géopolitique à des détenus radicalisés. Six mois de "brain-storming" bénévole pour ces chercheurs, qui servira à nourrir l'action publique ; sans qu'il leur soit demandé de rendre un énième rapport, ni une liste de préconisations.

Du côté des participants, on espère une vraie liberté de parole dans ce groupe de travail. Tout en soulignant qu'à 8 mois de l'élection présidentielle, il est bien tard pour espérer des travaux très poussés.