M6 diffuse "Leaving Neverland", documentaire choc dans lequel deux quadras accusent Michael Jackson d'abus sexuels lorsqu'ils étaient enfants. Un documentaire à charge selon les fans français de la star, mais dont la crudité des témoignages est à même de bousculer les certitudes.

Un fan de Michael Jackson, ici en 2009 sur la photo, au sujet de "Leaving Neverland" : "J'ai eu la nausée, mais je n'y crois pas."
Un fan de Michael Jackson, ici en 2009 sur la photo, au sujet de "Leaving Neverland" : "J'ai eu la nausée, mais je n'y crois pas." © AFP / Carl DE SOUZA

Le 25 juin prochain, cela fera dix ans tout juste que le "Roi de la Pop" s'est éteint. Un anniversaire terni par la diffusion de ce Leaving Neverland, réalisé par le britannique Dan Reed, dans lequel deux témoins de 36 et 41 ans décrivent avec force détails les abus sexuels dont ils auraient été victimes pendant leur enfance aux côtés de Michael Jackson. 

Fan de Michael Jackson depuis 36 ans, Tom a visionné la version intégrale du documentaire (quatre heures ramenées à deux fois 90 minutes pour la diffusion française). Il n'en est pas ressorti indemne :

Ça m'a donné la nausée. Je pensais voir un énième documentaire sans intérêt sur Michael Jackson. Mais le film est bien fait, les témoignages sont extrêmement précis, ils paraissent authentiques, soutenus par le montage et les images d'archives. On ne peut que croire à ce que l'on voit. Et on finit par se demander : est-ce que j'ai aimé un monstre pendant toutes ces années ?

Hormis les témoignages très crus des deux quadras, Tom décrit les nombreux plans de Neverland, l'ex-ranch de la star, vide, lugubre et fantomatique. "Tout est fait pour dépeindre Michael Jackson comme l'ogre des contes, qui attirait à lui les enfants pour en faire ce qu'il voulait. Or, on sait que Neverland grouillait de personnel et de visiteurs...

Tom devant le documentaire "Leaving Neverland"
Tom devant le documentaire "Leaving Neverland" © Radio France / Sébastien Sabiron

Passée la stupéfaction, Tom a le sentiment d'avoir été manipulé par ce documentaire-fleuve, par ces quatre heures éprouvantes qui ne donnent la parole qu'aux accusateurs : 

Le documentaire est totalement à charge. Il n'est basé que sur ces deux témoignages. Il n'y a pas de contradiction, aucun travail d'investigation. Peut-être n'est-ce pas ce que l'on lui demande. Mais doit-on prendre cette parole pour argent comptant ? 

Comme nombre de fans français (qui ont créé un groupe de fact checking spécialement consacré au documentaire), Tom doute de la sincérité des témoignages. L'un des accusateurs, le chorégraphe australien Wade Robson, a un passif chargé avec le clan Jackson. Fan absolu de la star dans son enfance, il a nié sous serment avoir été abusé lors du retentissant procès du Roi de la Pop en 2005. Un témoignage décisif dans l’acquittement de la star.

Mais en 2013, Wade Robson intente un procès contre la succession de Michael Jackson à hauteur d'1,5 milliard de dollars. Lui et James Safechuck, l'autre témoin du documentaire, y expliquent notamment pourquoi ils ont mis si longtemps à réaliser qu'ils ont été abusés. Pas sûr que cela soit de nature à convaincre les fans. Trois associations de fans français ont assigné les deux hommes devant le tribunal d'instance d'Orléans pour "atteinte à la mémoire d'un mort". L'audience doit avoir lieu le 4 juillet 2019, l'été prochain.

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