Le taux de refus dépasse les 70% dans l'Allier, en Charente et en Seine-et-Marne, selon une enquête menée par l'UFC-Que choisir. La France périphérique et les communes moyennes sont les plus concernées par la difficulté à trouver un médecin traitant.

Sur les 2 770 praticiens interrogés anonymement par l'UFC-Que choisir, 44% ont refusé d'être le médecin traitant de nouveaux patients.
Sur les 2 770 praticiens interrogés anonymement par l'UFC-Que choisir, 44% ont refusé d'être le médecin traitant de nouveaux patients. © Maxppp / Marc OLLIVIER

Chercher un médecin traitant... et se heurter à une fin de non recevoir. Le phénomène est largement répandu, si l'on en croit l'étude publiée ce jeudi par l'UFC-Que choisir : près d'un médecin généraliste sur deux (44%) refuse de prendre de nouveaux patients.

Pour mener cette enquête présentée comme inédite, l'association de défense des consommateurs a contacté anonymement et de façon aléatoire 2 770 médecins généralistes répartis sur l'ensemble du territoire. Il en ressort d'importantes disparités d'un département à l'autre. Ainsi, en Seine-et-Marne, 86% des généralistes interrogés refusent d'être le médecin traitant de nouveaux patients. Le taux de refus s'élève à 78% en Charente, 70% dans l'Allier, contre moins de 20% dans le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et les Pyrénées atlantiques, détaille l'UFC-Que Choisir. 

La plupart du temps (71%) les praticiens se justifient en expliquant avoir trop de patients, d'autres vont valoir leur départ prochain à la retraite (14%).

Moins de refus dans les déserts médicaux

De façon plus surprenante, les difficultés les plus importantes ne se rencontrent pas dans les déserts médicaux, notent les auteurs de l'enquête. La France périphérique et les villes de taille moyenne sont les plus concernées. Dans les communes de moins de 3 000 habitants et celles de plus de 100 000, un tiers des médecins contactés ont refusé de nouveaux patients. Dans les communes de 10 000 à 100 000 habitants, le taux grimpe à 52%. 

L'analyse géographique plus fine des réponses obtenues montre alors que les refus sont moins nombreux quand l'offre de généralistes est nettement insuffisante. "Tout se passe comme si les médecins présents dans les zones rurales, sachant que les usagers sont privés d’alternative, avaient davantage de réticence à refuser des patients, pour ne pas les laisser démunis", écrit l'UFC-Que choisir. "À l'inverse, dans les déserts médicaux des villes moyennes, la présence de confrères, bien qu’en nombre insuffisant pour répondre aux besoins de la population, semble déculpabiliser les praticiens"

Aujourd'hui, près d'un Français sur 10 n'a pas de généraliste déclaré. Cette difficulté à trouver un médecin traitant est lourde de conséquence, estime Mathieu Escot, directeur adjoint chargé de l’action politique de l’association, invité de France Inter : 

"D'abord, depuis 2004, vous êtes moins bien remboursés, si vous n’avez pas de médecin traitant. Surtout, celui-ci est le garant de la cohérence des soins et d’une bonne orientation. Sans ce suivi, vous risquez d’être moins bien soigné !"

L'UFC-Que choisir appelle les parlementaires à adopter un conventionnement territorial des médecins, afin d'amener "les professionnels de santé à exercer là où se trouvent les besoins de la population". L'UFC-Que choisir réclame également la mise en place en urgence d'un système de désignation de médecin traitant à chaque usager qui en ferait à la demande. 

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