Capture d'écran d'une vidéo censée promouvoir la Charente-Maritime
Capture d'écran d'une vidéo censée promouvoir la Charente-Maritime © Radio France /

Comment définitivement sortir du sexisme ? Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes lance un guide pratique : dix conseils que les administrations se doivent d’appliquer à partir d’aujourd’hui.

Comment définitivement sortir du sexisme ? Ne plus parler de la “Journée de la femme” mais de la “Journée internationale des droits des femmes”, évoquer les droits humains et non plus les droits de l’homme ? Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes lance un guide pratique, dix conseils que les administrations doivent d’appliquer à partir d’aujourd’hui…

> "Sortir du sexisme !" : le reportage de Thibault Lefèvre :

Le diable sexiste se cache souvent... dans les détails

Une démarche inscrite dans les textes, notamment européens : en 2008, le Conseil de l’Europe avait adopté une recommandation visant "l’élimination du sexisme dans le langage et la promotion d’un langage reflétant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes".

> Consultez l'intégralité du Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe

Et retrouvée en droit interne, notamment la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes du 4 août 2014, dont l’article 1 consacre "une approche intégrée de l’égalité". On retrouve ainsi, au gré des 36 pages que comporte le document, des recommandations concrètes pour, par exemple, user correctement du féminin comme du masculin lors de messages destinés à tous, accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions, parler "des femmes" plutôt que de "la femme", respecter la parité.

En janvier 2014, Julien Aubert s’adresse à Sandrine Mazetier, alors vice-présidente de l’Assemblée nationale et s’adresse à elle en utilisant volontairement et avec insistance « Madame le Président », refusant la féminisation du titre. Il récidive quelques mois plus tard :

Ou encore ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle, et, plus simplement, éliminer les expressions sexistes. Ou s’économiser l’emploi dans les documents administratifs les expressions comme "chef de famille", "mademoiselle", "nom de jeune fille", "nom d’épouse", "en bon père de famille", qui renvoient hommes et femmes à des rôles sociaux traditionnels alors qu’elles ont déjà été bannies du droit français.

Balayer la mauvaise foi et neutraliser le sexisme graphique

Le document propose, plus loin, de balayer par là un certain nombre d’arguments rétorqués par exemple contre l’usage du féminin dans la langue, présenté ici comme accessoire, là comme encombrant, ailleurs comme inesthétique. Voire… dérangeant.

Outre la communication "orale", le guide entend sensibiliser à la communication graphique, et préconise ainsi, dans les documents de communication public, d’éviter les couleurs douces et roses pour les femmes, sombres et bleues pour les hommes. Ou encore de ne pas systématiquement représenter les femmes dans des activités maternantes, et les hommes dans des activités de direction ou dans les secteurs de la technique, de la high-tech et des sciences ou encore révélant des capacités physiques et manuelles.

Le sexisme, ce voisin gênant encore un peu trop présent

Autant de bonnes pratiques frappées au coin du bon sens, à propos desquelles l’édition d’un quasi-manuel parait dépassée. C’est oublier que le sexisme est loin d’avoir disparu du champ des institutions publiques. Ainsi se souviendra-t-on de la séquence (honteuse) de députés avinés imitant le bruit de la poule lorsqu’une collègue prend la parole à l’Assemblée nationale, suscitant l’ire de son président, Claude Bartolone, qui suspendra la séance.

Ou cette initiative malheureuse d’un "artiste" vidéaste censée promouvoir la Charente-Maritime, à grand renfort de poses lascives, décolletés balnéaire et fond musical de défilé bas de gamme.