Invité de France Inter, Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris s’est agacé face à l’intervention d’un auditeur estimant que l’obligation de porter un masque était "liberticide". Il a rappelé que la réanimation en cas de forme grave du Covid l’était bien plus.

Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, dans le studio de France Inter
Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, dans le studio de France Inter © Radio France

"Pourquoi voulez-vous que j’impose aux autres que je croise de mettre un masque ? Si moi j’ai envie de me protéger, je mets un masque, je m’éloigne des autres, et je mets du gel hydroalcoolique", s’interrogeait Alain, auditeur de France Inter, lors de l’interview de Gilles Pialoux ce lundi matin. Pour lui, il y a là une "limite à notre liberté" excessive.

Une attitude qui alarme l’auteur de "Nous n'étions pas prêts — Carnet de bord par temps de coronavirus", qui a vécu "5 mois en apnée, 7 jours sur 7" pour lutter contre l’épidémie. "Il y a vraiment quelque chose contre lequel je m’élève, cette idée que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Le masque, quand il est décrit comme liberticide, pour nous les soignants et encore plus pour les réanimateurs, il y a quelque chose d'inaudible."

"La ventilation artificielle pendant 26 jours, c'est très liberticide. La rééducation, après la réanimation longue (parce que c’est une réanimation très longue dans ce Covid, et c’est une maladie qui n’a pas encore livré tous ses secrets), c'est très liberticide."

Et quand on l’interroge sur cette montée en puissance de mouvements contre le port obligatoire du masque, le médecin ne cache pas sa colère : "Vous avez vu les bêtisiers audio ou télévisés sur le discours du masque ? Ça a été infernal ! Un coup il n‘y en avait pas besoin, un coup on annonçait que le président n’en mettrait pas, et il en mettait un le soir à Mulhouse…"

Pour lui, c’est de là que vient la faute : "Le discours a été diffluent, et discours diffluent égale manque de confiance ! Il va falloir retrouver de la confiance, et dire : le masque, vous le mettez pour vous, vous le mettez pour les autres." Il ajoute : "Moi je suis pour qu'on mette le masque partout, parce qu'il faut un message simple. Il faut une culture du masque, une culture des mesures barrières, on a raté ce message de clarté dans la première vague. Il faut un message commun, et qu'on arrête de louvoyer !"

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