[scald=94877:sdl_editor_representation]MARSEILLE (Reuters) - Une demande de la levée de l'immunité parlementaire du sénateur socialiste Jean-Noël Guérini a été transmise au ministère de la Justice en fin de semaine dernière, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône est au coeur d'une affaire de malversations présumées sur des marchés publics dans laquelle il a été mis en examen en septembre dernier.

Le juge marseillais Charles Duchaine, en charge de l'instruction, a transmis la demande de levée d'immunité au parquet de Marseille qui l'a faite suivre au ministère de la Justice, indique-t-on de même source, confirmant une information du journal Libération.

La demande devrait rapidement parvenir au Bureau du Sénat, composé de 26 sénateurs, qui devra statuer "dans un délai pouvant aller de plusieurs semaines à plusieurs mois".

Une levée de l'immunité parlementaire permettrait au juge Duchaine le placement éventuel de Jean-Noël Guérini en garde à vue mais aussi d'exercer à son encontre des mesures de coercition pouvant aller jusqu'à un placement sous dépôt.

L'élu socialiste a pour sa part demandé mercredi le dépaysement du dossier après avoir refusé d'être de nouveau entendu par le juge marseillais en raison d'une "violation réitérée du secret de l'instruction".

Il devait notamment être confronté la semaine dernière dans le bureau du juge à son directeur de cabinet au sujet de la destruction d'ordinateurs à la veille d'une perquisition des gendarmes au conseil général en novembre 2009.

Mais il a considéré comme une "violation du secret de l'instruction" les fuites parues dans la presse sur la date et les raisons de l'audition.

L'élu PS a été mis en examen le 8 septembre dernier pour "association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence" dans une affaire de malversations présumées sur des marchés publics.

Ses défenseurs avaient déjà demandé à l'époque, sans l'obtenir, le dépaysement du dossier dans une autre région que Marseille en fustigeant le chef d'association de malfaiteurs, qu'ils jugent quasiment sans précédent dans le cas d'un homme politique.

Son frère cadet Alexandre a pour sa part été mis en examen en décembre 2010 pour "abus de biens sociaux, détournement de fonds publics, recel et blanchiment, trafic d'influence, corruption active et détention de munitions". Incarcéré pendant plusieurs mois, il a été libéré le 17 mai.

Jean-François Rosnoblet, édité par Marine Pennetier

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