Avec une poussée fulgurante de l'épidémie au début de l'année 2020 et désormais un million de morts dus au virus, la Covid-19 est devenue en quelques mois l'une des principales causes de mortalité à travers la planète.

Une femme visite la tombe de son parent sur un lieu de sépulture pour les victimes du coronavirus dans l'est de Java, le 26 septembre 2020.
Une femme visite la tombe de son parent sur un lieu de sépulture pour les victimes du coronavirus dans l'est de Java, le 26 septembre 2020. © AFP / JUNI KRISWANTO

Un million de morts. C'est le seuil désormais franchi pour le bilan mondial de la Covid-19, depuis le début de l'année. Rien, il y a encore quelques mois, ne prédisait une telle hécatombe. Plus de six mois après le début de la pandémie, que signifie ce chiffre, photographie de l'état de l'épidémie ? Pour le comprendre, pour se faire une idée de son ampleur, nous avons choisi de le mettre face à d'autres données marquantes, historiques. De mettre ce chiffre en perspective, sans être catastrophistes ni minimiser l'impact du coronavirus. Et de l'éclairer, à la lumière des bilans des autres principales maladies infectieuses, des grandes pandémies de l'Histoire, ou bien des autres causes de mortalité les plus répandues dans le monde ou en France (cancers, accidents de la route, etc.). 

Par rapport aux autres pandémies mondiales

Fort heureusement, la Covid-19 n'atteint pas le bilan dramatique des autres grandes épidémies de l'histoire contemporaines. Par exemple, la grippe espagnole de 1918-1919, due à une souche H1N1 particulièrement virulente et contagieuse, aurait fait au moins 50 millions de morts à travers la planète. Le SIDA, lui, a fait près de 40 millions de morts depuis son apparition en 1981.  

La Covid a désormais fait un million de victimes tandis que le SIDA a tué entre 700 000 et un million de personnes l'an dernier (un peu plus d'un million, en moyenne chaque année depuis 1981, si l'on ne tient pas compte des variations de l'épidémie dues à la prévention et aux traitements).  

Par rapport aux autres principales maladies infectieuses  

Comme le détaille ce premier graphique, qui dresse le nombre moyen de décès quotidien dus aux principales maladies infectieuses dans le monde, la Covid-19 se hisse désormais comme troisième cause de mortalité derrière la tuberculose et les différentes hépatites, juste devant le Sida (pour lequel nous avons choisi d'utiliser l'estimation haute).

Il faut toutefois garder à l'esprit que les chiffres traités restent des données brutes numériques qui cachent tout un tas de particularités, comme des combinaisons avec d'autres pathologies ou les tranches d'âge. Les maladies infectieuses ne touchent pas les mêmes catégories de personnes de façon uniforme ; certaines s'attaquent plus aux enfants, d'autres aux personnes immunodéficientes. 

Par ailleurs, les chiffres de l'épidémie de coronavirus sont encore, par définition, très récents et couvrent une courte période, contrairement aux estimations du nombre de morts par an utilisées. Enfin, il faut bien différencier la mortalité (le nombre de décès imputés à la maladie) et la létalité (sa dangerosité, la part de décès sur le nombre de personnes atteintes).

Par rapport aux cancers, à la pollution ou aux accidents de la route 

Pour chacune de ces causes de décès, l'OMS propose une estimation du nombre de morts. Si le coronavirus a tué un million de personnes en moins d'un an, cela se rapproche du nombre de décès, chaque année, sur la planète, dans des accidents de la route (1,3 millions) mais reste très éloigné du nombre de morts que provoquent les diverses formes de cancers ou la pollution (les deux chiffres sont independants mais ces deux causes de mortalité peuvent être liées).   

En France, la Covid a rattrapé les causes classiques de mortalité

Si l'on compare, en France, le nombre de morts imputés au coronavirus aux chiffres récents des autres principales causes de décès dans l'Hexagone, on remarque qu'en quelques mois à peine, l'épidémie a rattrapé les principales causes de mortalité connues. Le chiffre de 85 décès pour cause de Covid-19 par jour reste toutefois une moyenne puisque l'épidémie a connu un fort pic en avril – plus de 1400 décès les 7 et 15 avril – puis une forte chute au début de l'été.

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