[scald=90781:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Un ancien trader de Caisse d'Epargne a été renvoyé en correctionnelle pour "abus de confiance" dans l'enquête sur la perte de trading de 751 millions d'euros subie par le groupe en 2008, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Boris Picano-Nacci, 36 ans, mis en examen en 2008 après une enquête ouverte suite à une plainte de la Caisse nationale des caisses d'épargne et de prévoyance (CNCE) est tenu pour responsable de la perte qui se serait produite à l'occasion d'opérations non autorisées.

La société, qui fait désormais partie de Groupe BPCE, issu du rapprochement des Banques Populaires et de Caisse d'Epargne, avait décidé en avril 2008, au début de la crise financière, l'arrêt d'une pratique à risque - l'engagement de fonds propres de la banque sur les marchés financiers -, décision notifiée le 8 août suivant à la Banque de France.

Le trader est suspecté d'avoir enfreint l'interdiction en misant en septembre sur le marché des dérivés, puis en continuant en octobre malgré plusieurs alertes.

Déjouant en apparence sans problème les contrôles, le trader, interrogé en octobre, aurait poursuivi ses engagements pour compenser de premières pertes tout en mentant à sa hiérarchie, toujours selon le rapport interne.

Après une évaluation des pertes à 120 millions d'euros le 13 octobre, la direction aurait hésité avant de liquider les positions à risque, attendant jusqu'au 17 octobre, ce qui sur fond de "krach" a porté l'addition à 751 millions d'euros.

L'affaire, qui a suscité la colère de l'Elysée et du ministère de l'Economie, a entraîné la démission de trois des principaux dirigeants de la banque, dont son président Charles Milhaud, son directeur général Nicolas Mérindol et Julien Carmona, chargé des finances et des risques.

Ce sera le second procès en France d'un incident de trading de grande ampleur, après celui du trader de la Société générale Jérôme Kerviel, tenu pour responsable d'une perte de 4,9 milliards d'euros en janvier.

Condamné en octobre 2010 à cinq ans de prison dont trois ferme, et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, il a fait appel et devrait être rejugé cette année à Paris.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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