Non habemus palmam… Ceux qui, comme moi, étaient encore et toujours sous le charme de l’intelligence exigeante du film de Nanni Moretti ou qui rêvaient du couronnement doré d’un Piccoli souverain en seront pour leurs frais après ce palmarès par définition subjectif donc incontestable ! Au nombre de buts marqués, les résultats sont surprenants à vrai dire : Etats-Unis 3 dont le but en or, France 2 et les autres pays tous confondus (soit le monde entier ou presque) 4. Mais cette typologie a-t-elle un sens ? Non !

Un qui doit se frotter les mains sur son banc de touche, c’est le sélectionneur lyonnais du FC Cannes, Thierry Fremaux : Malick, c’est lui, Dujardin en compétition in extremis, c’est lui, le Lars von Trier toujours en compétition malgré tout, c’est lui, la série B versus « Drive », c’est incontestablement lui aussi, etc… Chapeau, the artist ! Pour le reste que dire ? Vous avez envie de m’entendre pleurer sur l’absence de Moretti, Cavalier, Kaurismaki et quelques autres ? Quel intérêt vraiment ? Que le prix du scénario revienne à « Footnote » le film de l’Israélien Joseph Cedar me laisse plus que pensif, voire pantois ! Ce parent pauvre cannois n’inspire décidément pas les jurys successifs, comme s’il s’agissait de décerner un prix fourre-tout sans lien véritable avec ce que pourrait être une belle écriture inventive et audacieuse pour les images.

« Il était une fois en Anatolie » de Nuri Bilge Ceylan ? Le temps avait manqué ici pour dire tout le bien qu’on pense de cette histoire turque à la mode roumaine de l’après-dictature : décalée, absurde et terriblement touchante. Et pour la première fois ou presque chez ce cinéaste, on rit. Qui dit mieux ? Qu’est ce qu’on peut dire après ça ? Ceci :

J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique La ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien Qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique.

Jean de La Fontaine

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