Il avait sa façon de faire, ce que les flics appellent son mode opératoire : Mustapha se présente, dans les rues du Havre, comme un chauffeur-routier à des personnes âgées. Minimum 80 ans ; en dessous, ses victimes seraient peut être trop alertes. Il demande son chemin, et en profite pour barboter le portefeuille, le porte-monnaie, dans le cabas ou la poche d’une veste.

Attentions aux pickpockets
Attentions aux pickpockets © CC dullhunk

Seize fois au moins en un an, il a fait le coup, le pickpocket…Et toujours sur le front de mer, ou dans l’hypercentre du Havre ; toujours entre 10h30 et midi ou 14h-17h ; et sans jamais se faire repérer, malgré les caméras de vidéo-surveillance. Les enquêteurs du Groupe de Voie Publique de la Sûreté du Havre sont alors convaincus que leur pickpocket est un local, qui connaît parfaitement son terrain, qui sait qu’aux heures où il pratique, il y a majoritairement des petits vieux dans les rues.

Jusqu’à vendredi : Mustapha est au marché, et tente de piquer les sous d’un monsieur de 86 ans, qui se rebelle et alerte les passants. L’un d’eux attrape le pickpocket, et le remet aux policiers.

Placé en garde à vue, le voleur havrais de 48 ans, qui vit toujours chez ses parents, finit par reconnaître les vols, et ses victimes, convoquées au commissariat, reconnaissent le bonhomme. Hier lundi, en comparution immédiate, Mustapha est condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Il est écroué dès la fin de l’audience.

C’est jusque là une histoire presque banale, à quelques nuances près : Mustapha piquait l’argent des courses, c'est-à-dire pas grand-chose…peut être un millier d’euros en tout. Mais plus original, il rendait le portefeuille. Il ne gardait surtout pas les cartes bancaires, ni les papiers d’identité, au contraire. Il remettait le larfeuille dans la boite aux lettres de sa victime, ou le déposait aux objets trouvés. C'était (presque) gentil de sa part...

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