Le rapport, rendu public ce mercredi, propose de faire passer de 30 à 60 le nombre de soignants auprès des résidents des Ehpad. Cette mesure, dont les députées rapporteures du texte préconisent une mise en place en quatre ans maximum, serait contraignante, et coûterait entre 7 et 10 milliards d'euros.

Pour la deuxième fois en six semaines, les personnels des Ehpad sont appelés à manifester
Pour la deuxième fois en six semaines, les personnels des Ehpad sont appelés à manifester © Radio France / MaxPPP

Doubler le nombre d'aides-soignants et d'infirmiers auprès des résidents de maisons de retraite médicalisées : c'est la principale des 31 mesures préconisées par le rapport parlementaire sur les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), rendu public ce mercredi par les deux députées à l'origine du texte, l'élue LREM de Haute-Garonne Monique Iborra et celle de la France insoumise de Meurthe-et-Moselle Caroline Fiat, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation des personnels de ces établissements, la deuxième en six semaines pour dénoncer un manque d'effectifs et demander l'abrogation d'une réforme contestée de leur financement.

Le but est de porter le taux d'encadrement à au moins 60 équivalent temps plein pour 100 résidents en quatre ans maximum, une norme qui serait opposable, c'est-à-dire contraignante, et qui s'appuierait sur un objectif d' "une heure et demie par résident et par jour" passée pour la toilette, les repas ou encore le lien social, selon les termes du rapport.  Actuellement, le temps moyen consacré à ces tâches serait plutôt "inférieur à une heure par jour", avec 24,5 aides-soignants et 6 infirmiers pour 100 résidents. 

Comment financer cette mesure ?

Un objectif qui a un coût : cela représenterait plus de 200 000 recrutements, pour une facture comprise entre 7 et 10 milliards d'euros, selon les précisions apportées par les deux députés devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée. 

"Tous nos voisins de niveau économique comparable y sont parvenus", explique Pascal Champvert, le président de l'Association nationale des Directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). "Comment peut-on financer cela ? Nicolas Sarkozy avait fait saisir le Conseil Economique, social et Environnemental (CESE), et à l'unanimité, ce conseil avait proposé une hausse de la CSG des rétraités, ce qui a été fait par François Hollande, et une taxe sur les successions - voilà une proposition forte ! On pourrait aussi aller voir du côté des assurances-vie, ou comme les sénateurs le préconisent, supprimer un jour férié. Nous n'y sommes pas favorables, mais enfin il y a des propositions qui sont faites. Nous appelons le Président de la République à lancer un débat puis à trancher".

Autre point majeur de ce rapport : elles proposent par ailleurs de suspendre le volet "dépendance" de la réforme du financement des Ehpad, en attendant une réforme "plus complète" et "mieux évaluée".  Votée sous le précédent quinquennat et poursuivie par l'actuelle majorité, cette réforme vise à faire converger sur sept ans (2017 à 2024) les budgets des Ehpad publics et ceux du privé. Selon le rapport, elle "a fait de nombreux perdants", notamment dans le secteur public, "sans que cela ait été suffisamment anticipé".  Le coût moyen mensuel d'hébergement en Ehpad est de 1 949 euros pour les résidents (avant éventuelles aides publiques), alors que le niveau de vie médian est selon l'Insee de 1 705 euros par mois pour les plus de 75 ans, souligne le rapport.  Pour faire baisser le poids financier pour les résidents, les députées suggèrent de transférer certaines charges (animation ou administration générale par exemple) aux financeurs publics, c'est-à-dire l'Assurance-maladie et les départements.  

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.