Il est écologique, économique... Mais aussi dangereux pour la santé. L'éclairage LED est pointé du doigt par l'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire, qui publie ce 14 mai un rapport d'expertise, précisant les effets néfastes des LED sur notre organisme.

La nuit, la lumière des écrans LED empêche la production de mélatonine, appelée communément "hormone du sommeil"
La nuit, la lumière des écrans LED empêche la production de mélatonine, appelée communément "hormone du sommeil" © Maxppp / Stéphane Mortagne

Privilégié pour sa faible consommation et son fort rendement, l'éclairage LED a depuis les années 90 supplanté, peu à peu, l'éclairage dit "traditionnel". Mais aujourd'hui, une étude de l'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire, pointe les effets néfastes de la lumière bleue, dégagée par les LED, sur le corps humain. 

Un risque accru de développer la DMLA ?

Ce rapport d'expertise vient corroborer les résultats d'une première étude, menée en 2010. Alors que l'expertise de 2010 "mettait en évidence la toxicité de la lumière bleue pour la rétine", les nouvelles données confortent ces résultats et démontrent des effets à la fois à court et à long-terme. Selon le rapport, une exposition chronique, pendant plusieurs années, peut "augmenter les risques de survenue d'une dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)", qui est la première cause de mal-voyance chez les plus de cinquante ans.

Pas de risque sur les ampoules domestiques

Le rapport précise que ce ne sont pas les ampoules d'éclairage domestique qui sont mises en cause, car leur lumière dite "chaude" est proche de celle des ampoules traditionnelles. Le rapport précise que "pour l’éclairage domestique, seules les lampes à LED de groupes de risques 0 ou 1 (conformément à la norme de sécurité photobiologique NF-EN-62471) sont accessibles au grand public". Le problème concerne les LED les plus riches en lumière dite "bleue" : phares de voiture, mais aussi lampes torches, décorations d'extérieur, jouets... Sans oublier les écrans : smartphones, tablettes et ordinateurs. Ces éclairages "peuvent appartenir au groupe de risque 2, mais ne sont pas couverts par la réglementation actuelle". Jusqu'à présent, cette réglementation concerne les éclairages de groupe 2 ou 3, les plus à risques, réservés à des utilisations professionnelles.

L'ANSES dresse ainsi une liste des populations les plus à risque : les enfants et les adolescents, d'abord, car leurs yeux filtrent moins bien la lumière bleue que les adultes. Sont aussi particulièrement sensibles les femmes enceintes - le rapport souligne les "effets potentiels sur l'enfant à naître", les seniors, les professionnels exposés aux éclairages et les travailleurs de nuit, ainsi que les personnes souffrant de migraines et de troubles du sommeil.

Notre sommeil mis à rude épreuve

Mais nous sommes tous potentiellement victimes de cette lumière bleue : nous consultons de plus en plus d'écrans, que ce soit dans un cadre professionnels qu'à la maison, notamment au moment du coucher. Or, "L’expertise met en évidence qu’une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu le soir ou la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil."

En effet, notre horloge interne a besoin d'une luminosité importante en journée, et d'une "obscurité totale" dans la nuit, afin de se synchroniser. La nuit, nous fabriquons de la mélatonine, l'hormone du sommeil. Et le rapport indique "qu’une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu en soirée" retarde, voire stoppe totalement la production nocturne de mélatonine.

Les outils de protection pas assez efficaces

Il existe bien des lunettes anti-lumière bleue, mais leur efficacité reste très partielle, selon l'expertise. Ces verres traités filtrent mieux que les verres classiques, "mais ne sont pas assez efficaces pour être considéré comme un EPI, un équipement de protection individuelle". De même, concernant les écrans affirmant limiter la lumière bleue, "aucune efficacité réelle n'a été observée". Aucune efficacité non plus, de la part de tous ces dispositifs, "contre une exposition à long terme et contre les effets de retard à l’endormissement".

L'ANSES recommande donc : 

  • de limiter l'exposition des plus jeunes à la lumière bleue, notamment le soir
  • de limiter l'intensité des phares de voitures
  • d'établir de nouvelles réglementations en révisant les valeurs limites d'exposition (VLE)
  • à domicile, de privilégier les lampes "blanc chaud", à basse température de couleur, plutôt que les lampes "blanc froid"
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