France Inter a mené une consultation en ligne pour comprendre vos préoccupations en matière d'alimentation, à l'occasion de la journée spéciale "France Inter met les pieds dans le plat" organisée sur notre antenne toute la journée ce jeudi.

Les femmes ont été nombreuses parmi les répondants à notre consultation
Les femmes ont été nombreuses parmi les répondants à notre consultation © Getty / PeopleImages

Ce n'est ni une étude scientifique ni un sondage, mais nous avons souhaité savoir comment, vous qui nous écoutez, nous regardez, nous lisez, vous vous préoccupez de ce sujet qu'est l'alimentation et à qui nous consacrons ce jeudi une journée spéciale sur l'antenne de France Inter.

La consultation, accessible du jeudi 16 au vendredi 24 novembre, a rassemblé quelque 6 000 réponses, les vôtres et près de 3 000 témoignages et commentaires. Des réactions suffisamment nombreuses, fortes et détaillées pour que nous estimions nécessaire d'en faire la restitution dans cet article.

Les femmes encore et toujours à la cuisine ?

Notre premier constat est que les questions d'alimentation semblent concerner très majoritairement les femmes. Parmi vos réponses, 87,8 % d'entre elles proviennent de femmes. 

En moyenne, les répondants sont à 72,5 % des citadines, surtout, mais aussi des citadins, âgés de 37 ans, qui vivent en couple avec (37,3 %) ou sans enfants (28,9 %).

Les personnes ayant répondu à cette consultation ont le sentiment de manger équilibré fréquemment (68,8 %), voire à chaque repas (25,5 %). D'ailleurs, moins d'une personne sur dix ne consomment pas principalement des repas faits maisons. Vous êtes également 66,6 % à cuisiner vos restes pour éviter le gaspillage.

Concernant les revenus, près de la moitié des répondants ont une rémunération qui se situe entre 15 000 et 30 000 euros par an et par personne. Une donnée à ne pas négliger, car les réponses diffèrent pour les plus bas revenus. Sophie, mère de famille qui vit en Normandie s'en émeut, elle qui explique gagner moins de 10 000 euros par an et veut en priorité s'assurer que ses enfants mangent à leur faim : "C'est très stressant de ne pas pouvoir avoir confiance en ce qu'on achète lorsqu'on n'a pas les moyens d'acheter mieux."

Vous êtes convaincues par le bio et achetez principalement en supermarché

Globalement, ce questionnaire nous permet de confirmer que le bio est un acquis pour bon nombre d'entre vous. Quand, en France, 15 % des ménages consomment des aliments bio chaque jour, 56,7 % des répondants ont affirmé acheter exclusivement des produits issus de l'agriculture biologique pour leur alimentation.

Cette tendance se confirme par une forte préoccupation pour la préservation de l'environnement (pour 36,6 % des personnes interrogées). Après l'environnement, les consommateurs sont aussi préoccupés par leur santé, puisque 30,9 % des répondants consomment des aliments sans produits chimiques et 12,7 % sans sucres raffinés. 

Pour 11,6 % d'entre vous, enfin, la priorité est de soutenir l'agriculture française.

C'est là notre troisième enseignement : soutenir l'agriculture française ne signifie pas forcément se passer de grandes surfaces, mais favoriser la production locale (c'est important pour 65 % d'entre vous), en diversifiant vos sources d'approvisionnement, que ce soit dans les supermarchés (77,8 %), sur les marchés (48,9 %), ou plus directement avec les producteurs, grâce aux AMAP et autres systèmes de circuits-courts (31,3 %).     

Fipronil, glyphosate... Comment savoir ce que l'on mange ?

En matière de nutrition et de transparence, 42 % des répondants examinent scrupuleusement les étiquettes mais, pour 75 % d'entre eux, la composition ou la provenance des aliments n'est pas suffisamment claire ou précise. A noter que 19,9% d'entre eux ne se disent pas certains de ce qu'ils achètent. 

L'étiquetage nutritionnel changerait-il la donne ? Il semble ne pas remporter l'adhésion : le code couleur ne suffit pas, à croire 58,6 % des personnes qui ont donné leur avis et un quart d'entre elles (24,3 %) ne sait d'ailleurs pas de quoi on parle. 

Seuls 8,7 % des répondants, enfin, estiment la France suffisamment rigoureuse pour ses contrôles sanitaires. D'ailleurs, ils ne sont pas unifiés au niveau européen (28,2 % d'avis en ce sens), trop aléatoires (26,1 %) ou leurs résultats sont trop confidentiels et pas assez connus du grand public (29,9 %).

Qui pour changer cela ? 

Cette défiance ou cette incompréhension semble donc largement partagée par ceux d'entre vous qui ont répondu. Vous estimez pourtant qu'il est possible de changer les choses, grâce à vos nombreux témoignages, dont certains seront évoqués ce jeudi dans le Téléphone Sonne.

Mais pour résumer, vous estimez que le changement doit d'abord venir des consommateurs d'abord, et largement ! C'est une des solutions dans 79,2 % des cas. Puis ensuite viennent le gouvernement (2e position) et les producteurs (3e). 

L'Union européenne se situe à la traîne, à la cinquième position seulement sur 7.

Mais attention, vous demandez aussi, comme Catherine à ce que l'on soit tous moins "obsessionnels" : "Je trouve que l'on nous met la pression, en tant que consommateur et/ou parents pour "bien" nourrir nos enfants."

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