Une vingtaine de groupes de médias et de communication a signé mercredi une charte de bonne conduite contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Parmi eux TF1, Canal +, ou France Télévision et Radio France, mais aussi Havas et SFR.

Les entreprises des médias s'engagent contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, et pour cela ont signé une charte au Ministère de la Culture
Les entreprises des médias s'engagent contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, et pour cela ont signé une charte au Ministère de la Culture © Maxppp / IP3 / Aurelien Morissard

La charte portée par l'association "Pour les femmes dans les médias", était proposée à la signature quelques semaines après la révélation de l'affaire de la "Ligue du LOL", suivie, ces derniers jours, de cas à Europe 1, RMC, ou au Monde. .

Trois mots d'ordre dans cette charte "j'informe, je partage, j'agis"

Car les chiffres sont éloquents : le ministre de la culture Franck Riester les a égrainés ce mercredi matin : une femme sur deux dans les médias a déjà été victime de sexisme, une élève sur dix en école de journalisme sexuellement harcelée.

Avoir de grandes entreprises qui s'engagent à changer les choses, pour l'ancienne journaliste Françoise Laborde, fondatrice de l'association "les femmes dans les médias", qui a porté cette Charte, c'est un succès mais pas une fin en soi : "L'objectif c'est qu'il y ai de plus en plus de signataires et que cette problématique du harcèlement sexuel soit vraiment prise en compte et considérée avec sérieux. Si on dit à chaque fois 'attention, il y a des choses qui ne sont plus acceptables aujourd'hui, les petites vannes, les rapports un peu trop tactiles, les choses un peu déplacées quand on a 50 ans à l'égard d'une jeune fille qui en a 22', tout cela fait partie de la pédagogie et on prévient les choses". 

Mais apposer sa signature au bas d'un texte, est-ce vraiment suffisant pour apporter du changement ? 

Question posée à l'un des rares hommes lors de la signature de la Charte, le Directeur Général des antennes de Canal+, Gérald Brice Viret. Sa réponse : "Pour nous c'est important et il faut faire attention à tous les types de dérives".

Cyril Hanouna, par exemple, vous lui avez fait part de cette signature ? 

Cyrille Hanouna n'est pas sexiste.

Le changement, c'est surtout du côté des femmes qu'on le sent

Des dirigeantes de médias, comme Yasmina Jaafar, fondatrice de La Ruche Média, à qui une enseignante, il y a quelques années, a fait une drôle de réflexion : "Vous êtes une femme, vous être noire, grosse et arabe, vous ne ferez pas de télévision, vous allez aller en BEP comptabilité". Je trouvais cela incroyable raconte Yasmina Jaafar, j'avais quatorze ans donc cela choque, on ne comprend pas, on ne sait pas que c'est du sexisme à cet âge-là. Le hashtag #metoo, quoi qu'il arrive, a apporté quelque chose aux hommes et aux femmes. Ils comprennent aujourd'hui que nous ne sommes pas des objets. Une porte est ouverte pour que l'on puisse être entendues. Les choses vont changer, je suis assez optimiste. Il faut vraiment qu'on ouvre notre bouche, quoi!" 

Et pour que cette parole soit entendue, parmi les engagements pris figure celui de mettre en place des dispositifs d'écoute et d'aide aux victimes dans les entreprises. 

"Les victimes ne sont plus seules", précise notamment la charte. "Elles ne sont pas jugées. Elles disposent d'une écoute bienveillante. On ne minimise pas les faits. La confidentialité est préservée. Elles peuvent être aidées sans être menacées professionnellement".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.