Une jeunesse très pessimiste
Une jeunesse très pessimiste © Radio France / Maxppp
**Les jeunes seraient très pessimistes. C'est ce que révèle une enquête nationale de France Télévisions intitulée "Génération quoi?" et publiée dans le journal Le Monde. Une enquête auprès de 210 000 personnes âgées de moins de 35 ans.** Plus de 6 jeunes sur 10 seraient prêts à participer à un mouvement de révolte de grand ampleur dans les prochains mois. Cette enquête dévoile un ras-le-bol général, comparable à mai 68 selon la sociologue Cécile Van de Velde : "Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968". Le sociologue Camille Peugny voit "une cocotte minute sans soupape". Pour définir leur génération : ils utilisent des mots tels que "sacrifiée, perdue, galère". Près de la moitié des jeunes imaginent que leur vie sera pire que celle de leurs parents. Et ils ne prédisent pas un meilleur avenir pour leurs enfants. Logiquement, le pessimisme gagne 20 points en passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs, interimaires ou inactifs. ### Politique, système éducatif, chômage : causes du pessimisme **Près de la moitié des jeunes n'ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. "ils sont tous corrompus" selon eux. Une abstention militante est en train de monter selon Camille Peugny**
Les trois quarts d'entre eux pensent que la société ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. "C'est massif et en progression. En 2006 ils étaient 53%" remarque Camille Peugny. Concernant le système éducatif, plus de la moitié estiment qu'il ne récompense pas le mérite et qu'il ne donne pas sa chance à tous. De même pour la vie professionnelle, ils n'ont pas l'impression que leurs efforts soient récompensés. Ils ne se croient pas payés à la hauteur de leurs qualifications. "Ils sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont" selon Cécile Van de Velde.
### "Dès que je peux, je me barre" "T'installer à l'étranger, ça te tente ?" Trois quarts des participants à l'enquête répondent oui. Un quart s'est reconnu dans l'expression "dès que je peux, je me barre". "Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l'impasse" souligne Camille Peugny. En France, un quart des jeunes connaissent le chômage. Les chiffres pour le mois de janvier seront publiés ce soir. **► ► ► A LIRE AUSSI :[](http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html)** [Frustrée, la jeunesse française rêve d'en découdre](http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html)
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