La ministre de la Santé a annoncé ce lundi 12 mesures censées permettre de désengorger les services d'urgences en s'appuyant notamment sur la médecine de ville. Un service d'accès aux soins, disponible 24h/24 par téléphone et par internet, doit voir le jour l'été prochain afin de mieux orienter les patients.

CHU de Nantes, le 27 août.
CHU de Nantes, le 27 août. © AFP / Loïc Venance

C'est une réforme systémique dont Agnès Buzyn a dessiné les contours, ce lundi. Face un mouvement de grève qui dure depuis maintenant six mois, la ministre de la Santé a plaidé pour une "refondation des services d'urgences", par l'intermédiaire de douze mesures. Celles-ci seront financées par une enveloppe de 750 millions d'euros sur trois ans, puisés dans des crédits déjà existants. 

Un service distant universel mis en place "à l'été 2020"

À ce stade, ni ouverture de lits ni recrutement de personnels, contrairement à ce que réclament les grévistes. Pour désengorger les urgences, le ministère mise sur un service d'accès aux soins (SAS). Accessible par téléphone ou en ligne, il permettra d'orienter les patients, soit vers une consultation en ville dans les 24 heures, soit vers une téléconsultation, ou bien vers les urgences, éventuellement via l'envoi d'une ambulance. Il devrait être mis en place l'été prochain, selon Agnès Buzyn. 

Redonner toute sa place à la médecine de ville 

Pour la ministre, l'une des clés est de s'appuyer davantage sur la médecine de ville, afin que celle-ci redevienne le premier recours, via les maisons de santé par exemple. Elle souhaite ainsi la création de 50 maisons médicales de garde, ouvertes 24 heures sur 24, aux abords des plus grands services d'urgence de France, avec des consultations à toute heure, sans rendez-vous. 

Parmi les autres mesures : la possibilité pour les urgentistes de déléguer davantage de tâches aux infirmières afin de libérer du temps, faciliter l'admission directe des personnes âgées dans les services de gériatrie, sans passer par les urgences, le développement de protocoles permettant des prises en charge par les kinésithérapeutes ou les pharmaciens. 

Mais pour Hugo Huon, président du collectif Inter-urgences à l'origine du mouvement de grève, le compte n'y est pas. Agnès Buzyn "se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c'est assez fou", a-t-il déclaré à l'AFP, déplorant qu'il n'y ait "rien sur les lits, rien sur les postes"

La CGT a, de son côté, jugé ces annonces "décevantes". 

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