Et une étudiante sur vingt a déjà été victime d'un viol, selon cette enquête dans l'enseignement supérieur publiée ce lundi. Des violences que les répondants attribuent à "l'effet de groupe", à l'alcool ou encore à l'impunité.

Dans le questionnaire, une étudiante sur dix dit voir déjà subi une agression sexuelle.
Dans le questionnaire, une étudiante sur dix dit voir déjà subi une agression sexuelle. © Maxppp / Romain Boulanger

Une étudiante sur dix a déjà subi une agression sexuelle. Une sur vingt a déjà été victime d'un viol. C'est ce que révèle un rapport publié ce lundi par l'Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l'enseignement supérieur. Il s'agit plus précisément d'un questionnaire, auquel près de 10 000 étudiants ont répondu - pour un quart des hommes, pour trois quart des femmes - étudiant dans une cinquantaine d'universités, prépas, grandes écoles, BTS ou DUT.

Les répondants détaillent quels sont les causes, selon eux, de ces violences sexuelles et sexistes dans l'enseignement supérieur. Premier élément favorisant ces violences : l'effet de groupe, pour 20% d'entre-eux. Viennent ensuite, à égalité (18%), l'impunité, le manque d'éducation des étudiants, et l'alcool. 

Les violences physiques ont lieu plutôt le week-end, hors du campus

"Il s'agit souvent du cercle d'amis proches et de personnes connues de la victime", souligne le rapport. Les faits de violence physiques sont en majorité commis en soirée ou le week-end, hors du campus, tandis que la violence verbale se manifeste aussi pendant les cours.

Au cours de leurs études, 58% des répondants rapportent avoir été soit victime soit témoin de violence verbale. 48% ont déjà assisté ou enduré un contact physique non désiré. Et quatre étudiants sur dix disent avoir déjà subi ou entendu des propos LGBTQI phobes. Et des signalements très minoritaires : seuls 11% des étudiants disent ainsi avoir rapporté les faits subis ou constatés auprès de leur établissement.

Méconnaissance des termes et des dispositifs

Le questionnaire met aussi en lumière une méconnaissance de certains sur des dénominations. Ainsi, 1 étudiant sur 5 ne connaît pas la distinction entre harcèlement sexuel et agression sexuelle. Et les dispositifs mis en place par les établissements sont aussi méconnus : plus d'un quart des répondants ignorent s'il en existe dans leur établissement, et 18 % considèrent qu'il n'en existe aucun.

À noter aussi : la proportion de répondants qui considèrent leur établissement comme sexiste augmente significativement avec les années d'études. "Nous faisons l'hypothèse que les étudiantes et étudiants (...) prennent conscience de la réalité des violences sexistes au fur et à mesure de leur vie étudiante", expliquent les auteurs de l'enquête.

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