Manifestation à Sivens
Manifestation à Sivens © Reuters / Régis Duvignau

Rémi Fraisse, 21 ans, retrouvé mort dans la nuit de samedi à dimanche sur le chantier du barrage controversé de Sivens (Tarn), aurait été victime d'une grenade offensive, a déclaré mardi le procureur de la République d'Albi, Claude Dérens.

Les analyses menées par la police scientifique sur les prélèvements effectués ont permis de retrouver des "traces de TNT" sur certains scellés des effets du jeune homme, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Ces résultats même partiels orientent l'enquête de façon significative puisque la mise en oeuvre d'un explosif militaire de type grenade offensive semble acquise

Claude Dérens a annoncé qu'il se dessaisissait de l'enquête au profit du parquet de Toulouse, le code de procédure pénale imposant "la compétence de la juridiction militaire", à savoir le pôle de l'instruction de Toulouse.

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Quant à Bernard Cazeneuve, il a immédiatement annoncé la suspension de l'utilisation des grenades offensives, dans l'attente des résultats d'une inspection sur leurs conditions d'utilisation lors des opérations de maintien de l'ordre. Le Parti de Gauche, lui, réclame la démission du ministre de l'Intérieur.

"Il est évident que Rémi a été tué par les violences policières." XC'est l'avis de Camille (pseudo) au micri de Sébastien Baer

La famille de Rémi Fraisse entend déposer plainte pour homicide volontaire "par une ou plusieurs personnes dépositaires de l'autorité publique", et violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, annoncé son avocat.

Le corps de Rémi Fraisse avait été retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche après des affrontements violents entre des opposants au projet de barrage et les forces de l'ordre à l'issue d'une manifestation pacifique à proximité du chantier.

Manuel Valls dit ne pas craindre la vérité

Le Premier ministres'exprimait sur une radio concurrente :

Nous n'avons absolument rien à cacher, rien à craindre et je crois que l'Etat de droit sortira renforcé, à partir du moment où toute la lumière sera faite. Nous n'avons rien à craindre de cette vérité, elle est même utile et indispensable.

Manuel Valls a déploré un "drame", a dit attendre la vérité sur ses circonstances et ses causes des enquêtes en courset de la justice et a lancé un appel à la responsabilité et à la sérénité. Quant à l'avenir du barrage, il a estimé que c'était au conseil général du Tarn, commanditaire de l'ouvrage, de prendre la décision.

Vive polémique à gauche

la loi alur aux oubliettes, cécile duflot dénonce un déni de démocratie
la loi alur aux oubliettes, cécile duflot dénonce un déni de démocratie © reuters

Les écologistes, Cécile Duflot et José Bové en tête, s'en sont pris violemment au gouvernement, critiquant le mutisme de l'exécutif au sujet de la mort du jeune homme et le rôle des forces de l'ordre et Bernard Cazeneuve. Un peu plus tard, François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls ont appelé à l'apaisement, insistant sur leur "compassion" envers la famille, tout en demandant aux responsables politiques de faire preuve de retenue.

Plusieurs manifestations destinées à rendre hommage au jeune militant tué avaient donné lieu lundi à de nouveaux affrontement avec les forces de l'ordre, en particulier à Nantes. A son tour, Bernard Cazeneuve a exprimé dans l'après-midi sa compassion envers la famille, annonçant une prochaine inspection administrative pour "déterminer la chaîne de commandement" sur le terrain et "corriger ce qui doit l'être".

Associations et élus écologistes du Tarn s'opposent à la destruction des 13 hectares de la zone humide du Testet classée parmi les zones naturelles d'intérêt écologique et dénoncent le coût - 8,4 millions d'euros - du futur barrage. Un rapport d'expertise commandé par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal et publié lundi juge le projet surdimensionné mais estime peu réaliste d'arrêter le chantier.

Le président PS du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, a dénoncé la "violence" des opposants à un projet qui a été validé par l'Etat, voté et dont les travaux ont débuté "en toute légalité". "Il n'est pas possible que des gens violents imposent leur décision à tous les autres", a-t-il dit au Monde, tout en indiquant que, après les événements du week-end, "nous allons laisser un temps de latence" avant la reprise des travaux.

Les morts dans les manifestations depuis 1950
Les morts dans les manifestations depuis 1950 © Radio France
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