Après l'effondrement de trois immeubles vétustes à Marseille, les témoignages viennent dénoncer l'abandon de ces habitations. L'une des habitants affirme avoir prévenu le syndic le vendredi précédent sans être prise au sérieux.

L'effondrement de deux immeubles à Marseille le 5 novembre 2018
L'effondrement de deux immeubles à Marseille le 5 novembre 2018 © AFP / HO, LOIC AEDO / BMPM/SM AEDO

Le bilan est désormais de trois morts à Marseille, et les recherches d'autres victimes continuent. Heure après heure, le bilan s'est alourdi dans le quartier populaire de Noailles, dans le centre-ville. Les secours ont découvert six corps.

Dans le périmètre de la catastrophe, plus de 120 marins-pompiers et sapeurs-pompiers sont à pied d’œuvre pour fouiller l'amas de gravats, d'une profondeur de 15 mètres. Dessous, selon les autorités, des personnes pourraient avoir été ensevelies.

Depuis 24 heures, de multiples témoignages évoquent un quartier vétuste, aux habitations fragilisées par le temps. Le fondateur de l'association "Un centre-ville pour tous" dénonce "la politique d'abandon" de la mairie de Marseille qui "laisse pourrir le quartier".

Un conseiller au Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône pense qu'il y a eu mauvaise évaluation de l'état des immeubles, peut-être aggravée par les pluies des derniers jours.

Des chiffres "affolants" sur l'insalubrité

Sophie, étudiante, habitait au 5 ème étage du 65 rue d’Aubagne, et son immeuble est l'un de ceux qui se sont effondrés. Vendredi, elle a alerté son syndic en vain et dimanche, veille de l’effondrement, elle s’est réfugiée chez ses parents.

On a essayé de solliciter le syndic et de les alerter par tous les moyens. Le dernier appel qu'on a passé, c'était le vendredi à 16h10. On a dit que les murs bougeaient, que les carreaux en verre se fissuraient et donc qu'il y avait un problème grave. La personne ne nous a pas pris au sérieux.

50 sec

Sophie, habitante du 65 rue d'Aubagne à Marseille

Par Isabelle Dor

L'effondrement a relancé le débat sur l'habitat insalubre à Marseille, où les chiffres liés à ce problème sont "affolants", selon la Fondation Abbé Pierre.

"Marseille est confrontée dans son centre-ville à une situation d'habitat extrêmement dégradé", a pointé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, interrogé dans l'hémicycle par la députée (LREM) de Marseille Alexandra Louis. Après le drame, "nous avons demandé immédiatement au préfet de réaliser un audit précis de l'habitat indigne" dans la cité phocéenne, a-t-il poursuivi.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.