Requin tigre
Requin tigre © CC / Albert kok

Une adolescente de 15 ans qui se baignait en baie de Saint-Paul, sur la côte ouest de la Réunion, a été tuée lundi par un requin, portant le bilan des attaques par des squales à cinq morts depuis 2011 dans l'île de l'Océan indien.

Selon la préfecture de la Réunion, elle nageait à quelques mètres du bord, équipée d'un masque et d'un tuba, lorsqu'elle a été attaquée par un requin vers 14h15.

L'accident s'est produit devant une plage non surveillée et interdite à la baignade. La jeune fille était en vacances dans l'île et se baignait en compagnie d'une autre adolescente, qui est indemne. Une cellule médico-psychologique a été mise en place pour accompagner les proches de la victime et le préfet a décidé d'engager la traque du requin responsable de cette attaque.

Au cours des dernières semaines, une recrudescence de requins avait été constatée le long des côtes, sur les sites d'activités nautiques et les autorités avaient renouvelé leurs appels à la prudence le 5 juillet dernier.

Stéphane Enilorac revient sur les dernières attaques de requins

Il s'agit de la deuxième attaque mortelle due à un requin depuis le début de l'année à la Réunion. Le 8 mai dernier, un touriste qui surfait devant une plage de Saint-Gilles n'avait pas survécu aux morsures d'un squale. Trois autres surfeurs avaient trouvé la mort de cette manière en 2011 et 2012.

L'attaque survenue aujourd'hui concerne pour la première fois une personne s'adonnant à la baignade, alors que les victimes de squales au cours des trois dernières décennies à la Réunion étaient principalement des adeptes de sports de glisse.

Un "garde-manger" pour les requins

une adolescente tuée par un requin à la réunion
une adolescente tuée par un requin à la réunion © reuters

Thierry Robert, député MoDem de La Réunion, a signé en mai dernier un arrêté municipal encourageant la pêche aux requins en proposant l'achat des prises par la commune de Saint-Leu, dont il est le maire. L'espèce ciblée est le requin bouledogue, soupçonnée d'être à l'origine de la recrudescence des attaques.

La mairie de Saint-Leu rachète les requins bouledogues de plus d'un mètre cinquante au prix de 7 euros par kilo, dans la limite de cinquante individus, mais uniquement pour le territoire maritime de la commune et les pêcheurs opérant à partir du port local.

Si elle n'est pas interdite, la pêche au requin n'est plus beaucoup pratiquée à la Réunion depuis 2009, la commercialisation des principales espèces consommées étant interdite en raison d'un risque de contamination par la ciguatera, une toxine dangereuse pour l'homme.

Thierry Robert s'était déjà signalé l'an dernier à l'Assemblée nationale en pointant du doigt la réserve marine créée en 2007 à La Réunion, devenue selon lui "un garde-manger pour les requins".

La communauté scientifique estime qu'aucun lien ne peut être établi entre la création de la zone protégée -où la pêche reste autorisée sur une large superficie- et la recrudescence d'attaques de squales.

Le préfet de la Réunion, Jean-Luc Marx, a toutefois indiqué en mai dernier que le bilan "très provisoire" d'une étude constatait "un déséquilibre de l'écosystème marin qui pourrait conclure à l'intérêt d'une régulation de la population de requins".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.