François de Rugy dit réfléchir à un système qui récompenserait les Français qui diminuent leur bilan carbone. Ce mercredi, à l'occasion de ses vœux, le ministre de la Transition écologique annonce également la "chaudière à 1 euro" pour les familles les plus modestes.

12% des Français se chauffent au fioul comme ici à Douvres-la-Délivrande et 3 millions de maisons individuelles en sont équipées.
12% des Français se chauffent au fioul comme ici à Douvres-la-Délivrande et 3 millions de maisons individuelles en sont équipées. © AFP / Mychèle DANIAU

L'avenir de la taxe carbone sur les carburants sera au menu du grand débat national lancé par Emmanuel Macron. François de Rugy l'a confirmé ce mercredi 16 janvier lors de ses vœux au monde de l'écologie. "Il ne s'agit pas de dire on va reprendre la taxe carbone telle qu'on l'avait connue jusqu'à présent", a affirmé le ministre, "La question qui sera en débat c'est bien sûr le niveau, le rythme (...) on peut en discuter, c'est normal, ça fait partie des choix politiques et des discussions démocratiques"  C'est l'augmentation de cette taxe l'an dernier et celle prévue au 1er janvier 2019 - finalement annulée en décembre - qui avaient été l'une des étincelles du mouvement des "gilets jaunes".  À quoi servira la recette de cette taxe carbone ? François de Ruy promet d'aborder la question lors du débat "Il faut entendre ce que nous ont dit les Français (...) : +est ce que cet argent récolté sert vraiment à la transition écologique? Est-ce qu'il sert à l'accompagnement solidaire de cette transition écologique ?" 

Le ministre de la Transition écologique en a profité pour annoncer deux mesures plus populaires pour lutter contre le réchauffement climatique :

  • Vers un chèque d'économie de CO2 ? Il devrait être expérimenté en 2019. L'idée est de récompenser les Français ou les entreprises volontaires qui diminuent leur bilan carbone. "On taxe les émissions de CO2, il faut aussi récompenser ceux qui les baissent de façon sonnante et trébuchante" explique François de Rugy.  
  • La chaudière à 1 euros pour les familles les plus modestes.  Il s'agit d'inciter les foyers à faibles revenus à remplacer leur vieille chaudière au fioul ou au gaz par des modèles moins polluants et plus performants (pompe à chaleur, chaudière à gaz plus performante, ou au bois). l'idée est que l'installateur propose aux particuliers un package à 1 euro, une offre commerciale qui inclurait les aides existantes auxquelles peuvent prétendre ces foyers. Les Certificats d'économie d'énergie (CEE) financés par les énergéticiens - ils seraient d'ailleurs réévalués sur critères sociaux, jusqu'à 4 000 euros - et les primes de l'État versées par l'Agence nationale de l'habitant (l'Anah). L'intérêt pour le particulier ? Il n'a pas à effectuer les démarches administratives (l'installateur s'en charge) et surtout, il n'a pas à avancer le montant de la facture. Selon le ministère de la Transition écologique, ce dispositif de "chaudière à 1 euro" pourrait concerner 600 000 foyers d'ici la fin du quinquennat. 

D'autres aides existent pour changer sa chaudière comme par exemple le CITE, le crédit d'impôt pour la transition énergétique a été reconduit pour 2019. Mais les associations de défense de l'environnement et les professionnels du bâtiment regrettent que ce dispositif n'ait pas été converti en prime cette année. C'était une promesse du Plan Climat de Nicolas Hulot mais elle a été abandonnée en septembre 2018 par le gouvernement, car elle a été jugée trop "complexe" et surtout trop "coûteuse".

En novembre, 2018,  le premier ministre Edouard Philippe a annoncé son intention de ne plus avoir de chaudière au fioul d'ici 10 ans. Un défi de taille. 12% des Français se chauffent toujours au fioul et 3 millions de maisons individuelles en sont équipées

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