C'est une découverte intrigante : une truffe sauvage vient d'être découverte sur la terrasse végétalisée d'un hôtel parisien au pied de la tour Eiffel. C’est la première fois qu’un tel champignon est trouvé à l’état sauvage dans Paris intra-muros selon le Muséum d'Histoire naturelle.

C'est en grattant la terre pour planter une haie de houblon près d'un charme dans un coin de la terrasse d'un grand hôtel parisien que Frédéric Madre a trouvé… une truffe.
C'est en grattant la terre pour planter une haie de houblon près d'un charme dans un coin de la terrasse d'un grand hôtel parisien que Frédéric Madre a trouvé… une truffe. © Radio France / Rosalie Lafarge

Frédéric Madre était en train de gratter la terre pour planter une haie de houblon près d'un charme dans un coin de la terrasse de cet hôtel parisien quand ce chercheur en écologie urbaine au Muséum d'Histoire naturelle et fondateur de l'entreprise d'agriculture urbaine Topager a trouvé ce champignon. Afin d'en identifier l'espèce, il l'envoie à l'Institut de Systématique, Evolution et Biodiversité du Muséum qui livre son verdict : il s'agit d'une Tuber brumale, une cousine de la truffe noire du Périgord. 

"On a été très surpris car c'est un champignon qu'on n'a pas l'habitude de voir sous nos latitudes, il est plutôt présent dans le sud de la France sur des milieux assez spécifiques", reconnaît Frédéric Madre. 

C'est surprenant car on est sur un toit tout près de la tour Eiffel, dans des conditions qui ne nous semblaient pas adéquates pour le développement de ce type d'espèce. Mais cela montre qu'il y a encore beaucoup de choses à découvrir sur la biodiversité urbaine.

Comment cette truffe est-elle arrivée là ?

Cette découverte pose beaucoup de questions souligne le Muséum : comment ce champignon est-il arrivé là ? Quelles sont les conditions micro-climatiques particulières qui lui ont permis de se développer sur ce site ? Est-ce un bon indicateur de la santé environnementale de l’écosystème parisien ? 

"La truffe a pu arriver là avec la terre apportée sur cette terrasse ou avec les arbres, des petits charmes, plantés à l'installation, mais elle a aussi pu arriver postérieurement, détaille Frédéric Madre. Donc cela pose des questions fondamentales sur la façon dont ces espèces rares arrivent en milieu urbain, mais aussi des questions plus générales puisqu'on sait que cette espèce se développe plutôt dans des milieux secs et chauds, ce qui n'est pas le cas du milieu parisien." 

Le réchauffement climatique en partie responsable

Le jardinier-chercheur voit donc dans cette truffe un bon indicateur du micro-climat parisien et de son évolution en parallèle du climat global. "Le réchauffement climatique est accentué dans les villes, rappelle le chercheur, et cela aurait été difficile que cette truffe se développe sans ces conditions très particulières." 

On ne s'y attendait pas et on se dit que même dans un endroit comme Paris, même dans un jardin urbain, on peut trouver des choses rares. On est ravi de pouvoir imaginer qu'un jour on servira des truffes du jardin au restaurant de l'hôtel.

Le laboratoire du Muséum pousse ses analyses pour en savoir davantage et notamment déterminer si le champignon n'est pas très chargé en métaux lourds. Mais on sait déjà que cette truffe est comestible. Une excellente nouvelle pour le directeur de l'hôtel Mercure Paris Centre Tour Eiffel, Eric Rajaud. "On ne s'y attendait pas et on se dit que même dans un endroit comme Paris, même dans un jardin urbain, on peut trouver des choses rares. On est ravi de pouvoir imaginer qu'un jour on servira des truffes du jardin au restaurant de l'hôtel."  

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