Les prochaines élections européennes se tiendront dans l'ensemble des États membres entre le 23 et le 26 mai 2019 - en France, ce sera dimanche 26 mai. L'occasion de rappeler pourquoi il faut aller voter, et pourquoi il est essentiel de redonner envie de croire au projet européen…

L'élection européenne, c'est ce dimanche ! Julien Bisson fait donc son édito sur l'Union européenne…
L'élection européenne, c'est ce dimanche ! Julien Bisson fait donc son édito sur l'Union européenne… © Getty / Justin Case

Si je ne suis pas le dernier à aller jeter un œil, et parfois plus qu'un œil, de l'autre côté de l'Atlantique [ndlr : Julien Bisson est également rédacteur en chef de la revue America], j'ai aujourd'hui le regard rivé sur l'Europe, notre Europe, qui va voter toute cette semaine sur son avenir.

Peut-être parce qu'en matière d'éducation européenne, comme aurait dit Romain Gary, j'ai eu mon compte : j'ai donné dans le correspond allemand quand j'étais au collège, avec le traditionnel voyage de classe, j'ai connu le programme Erasmus en Italie, j'ai refait le monde avec des amis espagnols, danois, anglais, belges, polonais, qui ont défilé dans notre grande collocation aux airs de film de Klapisch…

Bref, comme beaucoup de nos auditeurs, je suis un enfant de cette Europe, qui sait bien qu'il a beaucoup plus de points communs avec un Italien ou un Hollandais qu'avec un Américain ou un Chinois. 

Alors aujourd'hui, à la veille d'un scrutin qui ne mobilise guère l'opinion, nous avons voulu comprendre ce qui n'allait pas entre l'Europe et nous, entre ce machin bruxellois et les Européens que nous sommes. 

Quels dangers y aurait-il à laisser se démanteler cette construction de plu d'un demi-siècle dont les élargissements successifs ont finis par émousser les bases et les valeurs, jusqu'à semer le doute sur la nécessité de construire un avenir commun ?

Comme souvent, c'est la désignation d'un ennemi extérieur (disons d' "adversaire", on n'est pas en guerre) qui pourrait inciter à la cohésion. Avec Donald Trump, l'Amérique n'est plus vraiment la vieille historique d'hier, si on ajoute le revanchisme de Poutine, les tensions de l'autre côté de la Méditerranée ou l’appétit chinois : cette nouvelle configuration géopolitique devrait à elle-seule faire réfléchir aux conséquences d'un éclatement dans cette sans doute malmenée Union européenne.

Comment donner envie de croire au projet européen ?

C'est sans doute la question fondamentale qu'il faut se poser cette semaine. Nous l'avons posée dans le Un à de nombreux intellectuels, philosophes, écrivains venus des quatre coins du continent. Chacun y répond avec sa singularité, souvent pour déplorer l'état de l'Europe actuelle, l'éloignement de Bruxelles, la promotion d'un libéralisme à tous crins qui affaiblit les vieilles structures, le creusement des inégalités, la crise migratoire si mal gérées, mais en creux, ils s'entendent tous aussi sur un besoin d'Europe car ils savent que les dirigeants nationaux aiment rejeter sur l'Union Européenne les problèmes qu'ils n'arrivent plus à régler chez eux. 

Or, face à la mondialisation nous n'avons plus guère le choix, comme le dit Enrico Letta, l'ancien président du conseil italien : 

Ou bien on est ensemble, ou bien chacun dans nos pays fait le choix de devenir une colonie américaine ou chinoise. 

Au moment même où le besoin devient criant , les Européens n'ont pas de politiques sociale et économique commune, pas de budget, pas de politique étrangère, sans parler d'avoir une armée. Bref, les Européens ne disposent pas d'un état, d'un état qui pourrait les protéger et servir un idéal commun - le genre d'idéal dont il serait bon qu'on parle un peu d'ici dimanche prochain.

Aller plus loin

Julien Bisson est rédacteur en chef de l'hebdomadaire Le Un. Il intervient chaque mercredi dans Grand bien vous fasse, l’émission d'Ali Rebeihi

📖 LIRE | Le numéro de cette semaine du Un sur l'Europe, en kiosque ou sur internet

📖 LIRE | La revue America - revue dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises et dont Nicolas Demorand parlait ici

🎧 Europe fin de soirée ? Après le Brexit, après les votes europhobes, comment parler de ce continent en commun ? Chaque semaine, Caroline Gillet vous donne rendez-vous dans Foule continentale pour rencontrer nos voisins européens

🎧 RENDEZ-VOUS | l'élection européenne à suivre sur France Inter dimanche soir dès 19h

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